Liban - rétro 2017

La démission énigmatique de Hariri annoncée à Riyad

Emmanuel Macron reçoit à l’Élysée Emmanuel Macron quelques jours après l'annonce surprise par le Premier ministre libanais, depuis Riyad, de sa démission. Thomas SAMSON / AFP

L'année 2017 au Liban aura sans conteste été marquée essentiellement l'énigmatique démission du chef du gouvernement Saad Hariri, annoncée à Riyad. Dans la nuit du vendredi 3 au samedi 4 novembre, le Premier ministre se rend inopinément en Arabie saoudite. Cette visite, qui n'était pas programmée, intervient après un entretien, vendredi, à Beyrouth avec Ali Akbar Wilayati, conseiller diplomatique du guide suprême iranien, et alors que M. Hariri avait déjà effectué le 31 octobre une visite à Riyad où il avait été reçu par le ministre chargé des affaires du Golfe, Thamer al-Nabhane. Ce dernier avait indiqué à M. Hariri que le royaume était contrarié par la passivité libanaise officielle face aux attaques répétées du Hezbollah contre les dirigeants saoudiens. Quelques heures après son arrivée à Riyad, M. Hariri donne lecture, sur les ondes de la chaîne saoudienne al-Arabiya, d'un communiqué dans lequel il annonce sa démission et lance une virulente attaque contre le Hezbollah et l'Iran les accusant de vouloir imposer leur hégémonie sur le Liban. Cette démission, que rien ne laissait prévoir, est accueillie avec stupéfaction sur les plans local, régional et international.


Le séjour de M. Hariri à Riyad durera plusieurs jours dans des conditions mystérieuses, entretenant les rumeurs sur sa possible séquestration dans le sillage de l'interpellation d'un grand nombre de responsables officiels, d'émirs et d'hommes d'affaires saoudiens accusés de corruption. Le président Michel Aoun soulignera en public que le pouvoir saoudien impose des restrictions à la liberté de mouvement du Premier ministre à Riyad. Il réclamera le retour de M. Hariri à Beyrouth, entreprenant des contacts à ce sujet à l'échelle internationale.

Le président français Emmanuel Macron effectuera des démarches sur ce plan et invitera M. Hariri à Paris après s'être entretenu à ce sujet avec le principe héritier saoudien Mohammad ben Salmane. Le Premier ministre sera reçu le samedi 18 novembre à l'Élysée par le président Macron et regagnera Beyrouth le 22. À l'issue d'un entretien à Baabda avec le président Aoun, il annoncera le « gel » de sa démission, dans l'attente du résultat des concertations entreprises sur le plan local. Le 5 décembre, il retirera sa démission après l'adoption par le gouvernement, au cours d'une réunion tenue au Palais de Baabda, d'une résolution réaffirmant la politique de distanciation par rapport aux conflits régionaux.
Le 8 décembre, le Groupe international de soutien au Liban tiendra une réunion élargie à Paris sous l'égide du président Macron et en présence de M. Hariri et de hauts responsables occidentaux et russe, dont le secrétaire d'Etat américain. Le communiqué final met l'accent sur la nécessité pour le Liban de se conformer à la politique de distanciation et de respecter les résolutions 1701 et 1559 de l'ONU.


L'année 2017 au Liban aura sans conteste été marquée essentiellement l'énigmatique démission du chef du gouvernement Saad Hariri, annoncée à Riyad. Dans la nuit du vendredi 3 au samedi 4 novembre, le Premier ministre se rend inopinément en Arabie saoudite. Cette visite, qui n'était pas programmée, intervient après un entretien, vendredi, à Beyrouth avec Ali Akbar Wilayati,...

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