L'ancien ministre de la Justice, Achraf Rifi, a mis en garde hier contre le fait que « toute coordination électorale du Premier ministre Saad Hariri avec le Courant patriotique libre (CPL) et le Hezbollah conduirait le premier à perdre toute sa popularité, ainsi que celle du courant du Futur ».
M. Rifi, qui s'exprimait dans le cadre d'un entretien à l'Agence de presse allemande, a estimé que « le simple fait de parler d'une telle alliance a fait perdre à M. Hariri la moitié de sa popularité dans la rue sunnite ». « S'il continue comme ça, ce sera comme un suicide politique pour lui », a-t-il noté.
Concernant les alliances électorales pour les prochaines législatives en mai, Achraf Rifi s'est dit perplexe quant à la possibilité d'un accord entre le courant du Futur, le CPL, le Hezbollah, le mouvement Amal et le Parti socialiste progressiste.
« Nabih Berry sera dans une position centriste. Il n'est pas en accord avec le CPL. Quant à M. Joumblatt, il se positionne selon les exigences sécuritaires de l'étape actuelle. Il souhaite protéger sa communauté et son public », a-t-il indiqué.
L'ancien ministre et ancien patron des FSI s'est dit « prêt à s'allier à ceux que M. Hariri semble avoir abandonnés après de longues années de lutte commune, dans le but de former un bloc parlementaire qui ait du poids et qui soit capable de faire face au projet iranien et à la corruption ».
Il s'est dit l'allié, dans ce cadre, du parti Kataëb et du Parti national libéral, appelant « toutes les forces souverainistes, à commencer par les Forces libanaises, à se ranger à ses côtés ».
« Les ministres FL jouent un rôle efficace pour mettre fin à la corruption au sein de ce gouvernement, sur lequel le Hezbollah a établi son hégémonie, a ajouté le général Rifi. Le Hezbollah domine toute la situation libanaise depuis le compromis présidentiel accepté par plusieurs forces, dans l'espoir de préserver une sécurité et une stabilité qui n'existent pas », a-t-il noté.
Achraf Rifi a indiqué qu'il n'était pas gêné par les tentatives du leadership du CPL de s'ancrer à Tripoli, estimant que « la rue sunnite, et plus particulièrement à Tripoli, est opposée aux orientations politiques de ce parti ». « Ils n'ont pas de place à ce niveau », a-t-il souligné.
« Grâce à la nouvelle loi électorale, le Hezbollah va obtenir plus de sièges qu'il n'en dispose actuellement », a-t-il indiqué, précisant que c'est pour cette raison qu'il critiquait le nouveau code électoral.
L'ancien ministre a enfin appelé « les pays arabes à prendre l'initiative de faire face à l'Iran et ses tentatives d'établir son hégémonie sur la région ». « C'est en bombardant Téhéran qu'il faut répondre aux missiles balistiques sur Riyad », a-t-il conclu.
Liban - Législatives
Rifi met en garde Hariri contre un « suicide politique »
OLJ / le 28 décembre 2017 à 00h00


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