Avant l’annonce officielle des discussions, l’action du constructeur aéronautique brésilien Embraer avait bondi de 21 % hier. Jason Redmond/AFP
Les constructeurs aéronautiques américain Boeing et brésilien Embraer ont confirmé hier être en discussions en vue d'un partenariat stratégique, confirmant ainsi des informations de presse qui ont fait bondir le titre Embraer à la Bourse de São Paulo. « Boeing et Embraer confirment aujourd'hui être en discussions sur un rapprochement de leurs opérations », indiquent les deux constructeurs dans un communiqué laconique. « Il n'y a aucune garantie que ces discussions aboutiront à un accord », préviennent toutefois les deux parties, soulignant que « toute transaction serait soumise à l'approbation du gouvernement brésilien et de leurs autorités de régulation, ainsi que des conseils d'administration des deux entreprises et à celui des actionnaires d'Embraer ». Le Wall Street Journal avait révélé plus tôt que « Boeing et Embraer discutent d'une transaction qui pourrait représenter une prime relativement importante pour Embraer, dont la capitalisation boursière s'élevait jeudi matin à quelque 3,7 milliards de dollars ». Selon le quotidien économique, les deux parties attendent un signal du gouvernement brésilien, qui peut s'opposer à une telle transaction, celui-ci disposant d'une « golden share ». Cette action préférentielle donne à un État un droit de veto sur les décisions stratégiques où sa souveraineté est en jeu. Le constructeur aéronautique Embraer est l'un des joyaux du pays avec une gamme d'avions civils et militaires. Toute décision stratégique passe donc par le couperet de l'État. Cette annonce est faite alors que Boeing s'efforce de regagner du terrain face à son rival historique Airbus qui a annoncé récemment un partenariat stratégique avec le canadien Bombardier portant sur les CSeries. Dans le segment des moyen-courriers, Embraer a lancé en 2013 la famille E-Jets E2, une nouvelle génération d'appareils dont l'entrée en service est prévue entre 2018 et 2020. En mettant la main sur ces appareils, Boeing pourrait ainsi revenir dans la compétition sur ce segment, les E2 étant les futurs concurrents des CSeries fabriqués par Bombardier. Mi-octobre, l'européen avait annoncé un spectaculaire rapprochement avec le groupe canadien en prenant 50,01 % de l'entité qui gère le programme de l'avion CSeries, au moment où Bombardier se trouve dans une situation financière périlleuse.
Avant l'annonce officielle des discussions, l'action du constructeur aéronautique brésilien Embraer avait bondi de 21 % hier.
Source : AFP

