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Économie - Acquisition

Sécurité digitale : Thales s’offre Gemalto

Le groupe aura recours pour le rachat de Gemalto à un « financement bancaire de 4 milliards d’euros ». Photo d’archives. AFP/Remy Gabalda

Le groupe technologique français Thales a annoncé hier l'acquisition du numéro un mondial en difficulté des cartes SIM Gemalto, pour former un géant mondial de la sécurité informatique, un secteur en plein essor. Cet « accord de rapprochement » valorise Gemalto à environ 4,8 milliards d'euros (5,6 milliards de dollars) en offrant 51 euros (60 dollars) pour chacune de ses actions, et laisse sur le bord de la route le groupe Atos dont l'offre à 46 euros (54 dollars) par action se montait à 4,3 milliards d'euros (5 milliards de dollars) au total.
Thales, dont la sécurité est l'une des branches à côté de l'aérospatial, du transport et de la défense, et qui compte au total 64 000 salariés dans 56 pays, veut ainsi présider avec le spécialiste de la protection des données à la « création d'un leader mondial du marché en croissance rapide de la sécurité digitale », selon un communiqué conjoint.
Avec cette acquisition, Thales « se classera parmi les trois principaux acteurs mondiaux avec 3,5 milliards d'euros (4,2 milliards de dollars) de chiffre d'affaires sur le marché en forte croissance de la sécurité numérique ».
Le groupe aura recours pour ce rachat à un « financement bancaire de 4 milliards d'euros » (4,7 milliards de dollars) et précise à l'attention de ses actionnaires qu'il ne « modifiera pas sa politique de dividende ». Gemalto avait de son côté annoncé fin novembre la suppression de 288 emplois en France, sur fond de résultat opérationnel en forte baisse.
Pour le délégué général de La République en marche Christophe Castaner, « ce n'est pas l'État qui vient au secours de Gemalto – même si ça peut être la responsabilité de l'État. C'est surtout l'État qui veut une politique industrielle pour faire en France un leader mondial de la cybersécurité », a-t-il expliqué dimanche sur France 3.

Demandes non satisfaites
L'absorption par Thales ne doit pas se traduire par des pertes d'emplois supplémentaires en France, au moins pendant deux ans. « Thales n'anticipe pas de suppressions d'emplois qui résulteraient de cette opération » et « s'engage à préserver l'emploi dans les activités françaises de Gemalto au moins jusqu'à fin 2019 », selon le communiqué. « Sur l'emploi, nos demandes ne sont pas satisfaites alors même que nous demandons l'arrêt de ce plan social », a dit de son côté à l'AFP Anthony Vella, délégué syndical central de la CFE-CGC chez Gemalto. Gemalto compte 15 000 salariés au total dans le monde.
Thales, qui pèse quelque 18 milliards d'euros (21 milliards de dollars) en Bourse, « apportera son activité numérique à Gemalto, qui continuera d'opérer sous sa propre marque, en tant qu'une des sept activités mondiales de Thales », et Philippe Vallée, directeur général de Gemalto, « prendra la tête de cette nouvelle activité ». Pour le PDG de Thales, Patrice Caine, il s'agit d'un « vrai projet de conquête, un accélérateur de croissance » pour « deux jumeaux dans le numérique », qui réunit « les deux plus grands groupes de tech mondiaux d'origine française ».

Transition vers la eSIM
Il s'agit d'une « expansion commerciale qu'on va pouvoir jouer pour être plus forts sur l'ensemble du monde », a de son côté estimé M. Vallée. Alors que le marché traditionnel de la carte SIM ne croît plus en volume, « nous sommes en train de travailler sur la transition du modèle de connexion des opérateurs vers la nouvelle SIM embarquée », ou eSIM, pour les « opérateurs mobiles qui ont besoin de connecter de plus en plus d'objets », a-t-il assuré. Une carte SIM embarquée est une puce reprogrammable, disponible en plusieurs formes et tailles. Elle reste dans l'appareil même lorsque l'utilisateur change d'opérateur. Un autre acheteur pourrait encore se faire connaître pour empêcher la fusion de Gemalto et de Thales, dont la réalisation est prévue au second semestre 2018, mais devrait payer au moins 9 % de plus que Thales.

Source : AFP

Le groupe technologique français Thales a annoncé hier l'acquisition du numéro un mondial en difficulté des cartes SIM Gemalto, pour former un géant mondial de la sécurité informatique, un secteur en plein essor. Cet « accord de rapprochement » valorise Gemalto à environ 4,8 milliards d'euros (5,6 milliards de dollars) en offrant 51 euros (60 dollars) pour chacune de ses actions, et laisse sur le bord de la route le groupe Atos dont l'offre à 46 euros (54 dollars) par action se montait à 4,3 milliards d'euros (5 milliards de dollars) au total.Thales, dont la sécurité est l'une des branches à côté de l'aérospatial, du transport et de la défense, et qui compte au total 64 000 salariés dans 56 pays, veut ainsi présider avec le spécialiste de la protection des données à la « création d'un leader mondial du...
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