Liban

De crise politique en crise diplomatique avec les pays arabes ?

Dans les coulisses de la diplomatie
13/12/2017

Le Premier ministre, Saad Hariri, a reçu hier au Sérail cinq ambassadeurs nouvellement nommés pour représenter le Liban à l'étranger, Ara Khatchadourian (Colombie), Albert Samaha (sultanat d'Oman), Mohammad Hassan (Algérie), Ali Daher (Ukraine), Fouad Dandan (Émirats arabes unis) et Maya Dagher (Arménie), afin de leur donner ses instructions avant qu'ils ne prennent en charge leurs nouveaux postes.

Le dossier des nominations diplomatiques reste cependant loin d'être clos, à cause de blocages de nature principalement politique, si l'on exclut bien entendu l'affaire de l'ambassadeur du Liban à Washington, Gaby Issa. M. Issa ne pourra, en effet, entrer en fonction, après sa nomination en juillet dernier, qu'en février, le temps que les formalités administratives engagées par les autorités américaines depuis qu'il a renoncé à sa nationalité américaine se terminent et que le fisc se soit notamment assuré qu'il a versé tous ses impôts.

Là où un véritable problème semble se poser, c'est au niveau de l'échange d'ambassadeurs entre Beyrouth et Riyad et Beyrouth et Koweït. Le blocage à ce niveau montre que la page de la crise qui a éclaté entre le Liban et les pays du Golfe, notamment l'Arabie saoudite, autour de l'engagement du Hezbollah dans les conflits de la région et qui avait culminé avec la démission surprise de M. Hariri est loin d'être tournée.

De sources diplomatiques, on affirme redouter une nouvelle crise entre le Liban et l'Arabie saoudite, étant donné que l'échange d'ambassadeurs entre les deux pays n'a toujours pas dépassé l'étape de la nomination. Le président Michel Aoun a accepté l'accréditation de Walid Yaacoub à Beyrouth, mais Riyad n'a toujours pas donné le feu vert à la présence de Fawzi Tabbarah à la tête de la mission diplomatique libanaise dans le royaume.

Il faut savoir dans ce contexte que dans les coutumes diplomatiques, un pays est supposé accepter les lettres de créance d'un ambassadeur dans les trois mois qui suivent sa nomination. Passé ce délai, le pays concerné doit comprendre que le choix du diplomate n'est pas approuvé et doit en nommer un autre à sa place. Fawzi Tabbarah avait été désigné en juillet dernier à la tête de la mission diplomatique à Riyad, dans le cadre du train de nominations diplomatiques approuvé par le Conseil des ministres.

Or jusqu'à maintenant, Beyrouth ne s'est pas encore décidé à choisir un autre candidat, sans doute parce que le problème ne se pose pas au niveau de la personne. La non-accréditation de l'ambassadeur du Liban devrait être interprétée comme un signe de mécontentement du royaume wahhabite. De sources diplomatiques, on se demande si ce blocage devrait être considéré comme un indicateur d'une nouvelle crise, cette fois diplomatique, entre Beyrouth et Riyad.

Car au Liban aussi, on ne semble pas pressé d'accepter les lettres de créance de Walid Yaacoub, arrivé il y a trois semaines à Beyrouth. Le diplomate avait demandé rendez-vous au palais Bustros pour présenter au ministre Gebran Bassil une copie de ses lettres de créance, mais n'a toujours pas eu de réponse. Au palais Bustros, on ne donne aucune explication au sujet de ce retard.

Nommé aussi par le Conseil des ministres pour représenter le Liban à Koweït, Ryan Saïd n'a toujours pas gagné son poste non plus. De sources diplomatiques, on indique que le palais Bustros a reçu « un conseil » selon lequel il ferait mieux de patienter avant d'envoyer M. Saïd dans l'émirat pour éviter que son accréditation ne soit rejetée, du moment que ce dernier appartient à la communauté chiite et que les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) avaient pris la décision de n'accepter l'accréditation d'aucun ambassadeur libanais chiite. Seul le Qatar semble peu se soucier de cette décision puisqu'il avait accepté une prolongation du mandat de l'ambassadeur du Liban, bien qu'il soit chiite. De sources diplomatiques, on indique que la question devrait être soulevée durant la visite que le président Michel Aoun est supposé effectuer au Koweït. Celle-ci était prévue il y a plusieurs semaines, mais elle avait été ajournée à la suite de la démission de M. Hariri.

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