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Moyen Orient et Monde

À Paris, un sommet pour ne pas « perdre la bataille » contre le réchauffement

Climat

Macron appelle à une mobilisation urgente et interpelle Trump sur sa « responsabilité face à l'histoire ».

OLJ
13/12/2017

« On est en train de perdre la bataille » contre le réchauffement climatique, a déclaré, hier, le président français Emmanuel Macron, appelant à la mobilisation lors d'un sommet à Paris, où entreprises et institutions internationales ont promis de se détourner des énergies fossiles. « L'urgence est devenue permanente et le défi de notre génération est d'agir, agir plus vite et gagner cette bataille contre le temps, cette bataille contre la fatalité, pour mettre en œuvre des actions concrètes qui vont changer nos pays, nos sociétés, nos économies », a déclaré M. Macron devant une cinquantaine de chefs d'État et de gouvernement, réunis à l'occasion du deuxième anniversaire de l'Accord de Paris sur le climat.
Le président français avait décidé d'organiser ce sommet après l'annonce par le président Donald Trump du retrait américain du pacte historique contre le réchauffement, qui vise à contenir la hausse moyenne de la température sous le seuil critique de 2°C. Sur la base des engagements pris par les États, la planète se dirige toujours vers +3°C par rapport à l'ère préindustrielle. Mais réduire les émissions de gaz à effet de serre et respecter les objectifs de l'Accord de Paris demandera des changements majeurs et des investissements massifs.

Montrer l'exemple
En réponse aux appels à se désengager des énergies fossiles, la Banque mondiale a annoncé qu'elle arrêterait de financer après 2019 l'exploration et l'exploitation de pétrole et de gaz, sauf « circonstances exceptionnelles ». L'institution multilatérale souhaite ainsi « aligner sur les objectifs de l'Accord de Paris » les financements qu'elle accorde aux États. « Il était temps pour nous de montrer l'exemple », a commenté le président de l'organisation, Jim Yong Kim. L'assureur Axa a lui aussi annoncé un désengagement accéléré de l'industrie du charbon, une « importante étape » applaudie par les Amis de la Terre et l'ONG allemande Urgewald. Un groupement de plus de 200 grands investisseurs a, de son côté, décidé de mettre la pression sur 100 entreprises parmi les plus émettrices de gaz à effet de serre, pour qu'elles adaptent leur modèle à la lutte contre le réchauffement. Norvège, Émirats arabes unis, Arabie saoudite, Qatar, Koweït et Nouvelle-Zélande ont par ailleurs lancé, à l'initiative de la France, une coalition de fonds souverains pour flécher des financements vers l'action climatique.
Si de plus en plus d'acteurs financiers affichent leur volonté de se désengager du charbon, énergie la plus polluante, la Banque mondiale est la première banque multilatérale à prendre un tel engagement dans ce secteur, qui représentait 5 % des fonds qu'elle avait accordés en 2016. C'est « un vote de défiance accablant pour l'avenir de l'industrie des combustibles fossiles », a salué Gyorgy Dallos, de Greenpeace International. Soutenir les énergies fossiles, c'est « investir dans notre perte », a également souligné le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, estimant lui aussi que la « guerre » contre le réchauffement n'était « pas gagnée ».
Le président américain, qui n'était pas invité, a été la cible de critiques. Juste avant la réunion, M. Macron l'avait de nouveau interpellé, dans une interview à la chaîne américaine CBS, sur sa « responsabilité face à l'histoire », tout en se disant « assez certain » qu'il allait « changer d'avis dans les mois ou les années à venir ». Au sommet, l'ancien secrétaire d'État américain John Kerry n'a pas hésité à qualifier le retrait de Washington de « honte » et de « décision autodestructrice prise dans un but politique ».
Source : AFP

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