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L'Italie inquiète de la résurgence d'incidents fascistes

AFP
09/12/2017

L'Italie s'inquiète de la résurgence d'incidents à caractère fasciste et une manifestation a eu lieu samedi à Côme (nord) où des militants d'extrême droite s'en étaient pris la semaine dernière à une association d'aide aux migrants.
"Cette journée à Côme est une journée importante, à participer à cette manifestation contre toutes les formes de fascisme et d'intolérance, nous sommes plus de 10.000 personnes", a assuré Maurizio Martina, ministre de l'Agriculture et vice-secrétaire du Parti démocrate (PD, centre-gauche), à l'origine avec d'autres partis de gauche de cette manifestation.

Le secrétaire du PD, l'ancien Premier ministre Matteo Renzi, a également participé à cette manifestation, mais il n'a pas fait de déclaration.

La petite ville de Côme, située au bord du lac éponyme non loin de Milan, a été choisie après l'irruption le 28 novembre d'une quinzaine de militants d'un groupuscule d'extrême droite, le "Veneto Fronte Skinheads", dans les locaux de l'association "Côme sans frontière". Interrompant une réunion de cette association d'aide aux migrants, ils avaient distribué et lu un tract dénonçant "l'invasion migratoire" avant de quitter les lieux.

Cet incident, qui n'a duré que quelques minutes, a toutefois soulevé une grande émotion en Italie. Et cela d'autant plus qu'il a été suivi quelques jours plus tard par une autre opération d'intimidation perpétrée à Rome par une dizaine de militants d'un autre groupuscule d'extrême droite, Forza Nuova (Force nouvelle). Ces derniers sont parvenus à entrer dans la cour de l'immeuble abritant les locaux du journal La Repubblica et de l'hebdomadaire L'Espresso. Masqués et brandissant des fumigènes, ils ont là aussi lu un tract appelant cette fois à boycotter ces deux médias, coupables, selon eux, de favoriser l'immigration.
Dernier épisode en date, des croix gammées et des symboles fascistes ont été peints cette semaine sur les murs d'une association de gauche à Udine (nord-est).
"Il faut arrêter la résurgence du fascisme qui est en train de se produire avec arrogance dans notre pays", a déclaré à cette occasion Debora Serracchiani, présidente de la région Frioul Vénétie, où est situé Udine.
Mais pour certains observateurs, cette résurgence du fascisme est surtout à mettre au compte de la rivalité existant entre les différents groupes d'extrême droite.

Ces groupuscules, dont Forza Nuova, s'inquiètent ainsi de la montée en puissance de Casapound, une association d'extrême droite qui a obtenu début novembre plus de 9% des voix lors de l'élection du maire d'arrondissement d'Ostia, quartier balnéaire de Rome. Dans d'autres villes italiennes, comme Bolzano (nord) ou Lucques (centre), Casapound a obtenu des scores supérieurs à 7% et fait élire un conseiller municipal.
Les derniers incidents perpétrés par l'extrême droite "cachent en réalité la tentative de récupérer le terrain perdu au profit de Casapound", écrit ainsi le quotidien La Stampa, citant un policier en charge du suivi de ces mouvements d'extrême droite.

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