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Moyen Orient et Monde

Le monde unanime contre Trump ; Paris, Amman, Ankara et Téhéran dénoncent une violation du droit international

OLJ
07/12/2017

Pour la seconde fois en un an, Donald Trump a réussi à isoler les États-Unis sur la scène internationale. Sa décision de reconnaître Jérusalem comme la capitale d'Israël et de déplacer l'ambassade américaine dans la ville trois fois sainte a immédiatement provoqué de vives réactions, semblables à celle qui avait suivi son annonce de quitter l'accord de Paris sur le climat. Les alliés américains, les Européens en tête, se sont très vite désolidarisés des déclarations du locataire de la Maison-Blanche. Le président français Emmanuel Macron a été l'un des premiers à réagir en qualifiant de regrettable la décision de Donald Trump. Elle « contrevient au droit international et aux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Alger, soulignant « l'attachement de la France et de l'Europe à la solution de deux États, Israël et la Palestine, vivant côte à côte en paix et en sécurité dans des frontières internationalement reconnues avec Jérusalem comme capitale des deux États ». « Nous ne sommes pas d'accord avec la décision américaine de transférer son ambassade à Jérusalem et de reconnaître Jérusalem comme la capitale israélienne avant un accord final sur son statut », a déclaré pour sa part la Première ministre britannique Theresa May dans un communiqué, estimant que cette décision n'était « d'aucune aide » pour les perspectives de paix dans la région. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a rappelé avoir toujours été « contre toute mesure unilatérale ». « Il n'y a pas d'alternative à la solution de deux États », avec « Jérusalem comme capitale d'Israël et de la Palestine », a-t-il ajouté.
La décision du président américain est considérée par de nombreux acteurs comme une atteinte au droit international et une entrave au processus de paix, alors que la communauté internationale martèle son engagement en faveur d'une solution à deux États.

« La colère des musulmans »
Si les déclarations du locataire de la Maison-Blanche risquent de faire perdre encore un plus de crédit à la diplomatie menée par son administration, les conséquences pourraient être beaucoup plus importantes sur la scène moyen-orientale. Les alliés des Américains dans la région ont en effet tous pris leurs distances par rapport à cette déclaration. « La décision du président américain de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël et le transfert de l'ambassade des États-Unis vers cette ville constituent une violation des décisions du droit international et de la charte des Nations unies », a estimé le porte-parole du gouvernement jordanien, Mohammad Moumeni, dans un communiqué. Les délégations palestinienne et jordanienne à la Ligue arabe ont d'ailleurs demandé hier une réunion d'urgence des ministres des Affaires étrangères de la Ligue. Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, dont le pays est un proche allié des États-Unis, avait affirmé mardi que cette action risquait de « compliquer » la situation dans la région.
La Turquie a pour sa part jugé « irresponsable » la décision américaine Donald Trump, qui "contrevient au droit international". Avant l'annonce de cette décision largement anticipée, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait averti que la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël par Washington « ferait le jeu des groupes terroristes ». Même l'Arabie saoudite, qui se rapprochait discrètement d'Israël ces derniers temps, a prévenu, par la voix du roi Salmane, qu'une telle décision risquait de provoquer « la colère des musulmans ».
Pointé du doigt par Donald Trump comme la principale menace pour la stabilité de la région, l'Iran a prédit une « nouvelle intifada ». Le ministère iranien des Affaires étrangères a dénoncé dans un communiqué une « provocation et une décision insensée de la part des États-Unis (...) qui vont provoquer une nouvelle intifada et pousser à des comportements plus radicaux et à davantage de colère et de violence », évoquant une violation flagrante du droit international.
Sources : rédaction et agences

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

RECONNAITRE L,ANNEXION DE TERRITOIRES AU PROFIT DE
L,AGRESSEUR PAR UNE AUTRE PUISSANCE EST CONTRAIRE AU DROIT INTERNATIONAL ET OUVRE LES ACCES DES JUNGLES DANS LE MONDE...
IL A CHOISI DE FRAPPER L,ANNEAU LE PLUS FAIBLE DANS LE MONDE... QUE NE SE MESURE-T-IL PAS AVEC ASSAD, KHAMENEI ET LA TOUFFE D,HERISSON NORD KOREENNE ? IL NE LE PEUT PAS... DECHEANCE ET HONTE A L,AMERIQUE !

gaby sioufi

le monde entier continue a se foutre de notre gueule a nous les arabes.
ils crient le hola a propos de Trump/jerusalm ?
ben alors, n'est ce pas EUX TOUS a avoir aide a la creation d'israel aux depens des palestiniens et de toute justice humaine ?
qu'est il de leur defense des droits des palestiniens ?

Embargo et autres mesures coercitives sont bien menees contre la russie, la coree du nord, et de temps en temps contre certains pays, MAIS JAMAIS AU GRAND JAMAIS CONTRE ISRAEL.
sauf bien sur en de belles paroles, lamentations et pleurs hypocrites.

les Arabes eux seuls ont fait face a israel, LE LIBAN SURTOUT en solo ne l'oublions pas.
les Arabes vont ils reagir ? le peuvent ils seulement ?
ou en laisser la primaute a l'iran et son wali ?

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