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Le Blue Note, trente ans et toujours la même fougue...

Musique

Aujourd'hui, le célèbre club de jazz et de blues de la rue Makhoul fête ses trente ans. Retour sur l'itinéraire d'une note pas comme les autres.

04/12/2017

Au détour d'une ruelle de Ras Beyrouth, deux ou trois marches, une porte et vous voilà au Blue Note. Antre du jazz beyrouthin depuis maintenant 30 ans, cet établissement est un des incontournables de la ville pour tout mélomane qui se respecte. À quelques pas de l'Université américaine, le club voit se produire quatre jours par semaine des musiciens en live. Si son identité est clairement marquée par le jazz et le blues, on peut également y entendre, et depuis plusieurs années, des notes de musique orientale.

De Ras Beyrouth au monde entier
Depuis trente ans, le Blue Note accueille des musiciens venus du monde entier. Les plus grands ont foulé sa petite scène : Sonny Fortune, Charles Davis, Andrew Hill ou encore Chico Freeman. Aujourd'hui, on retrouve un large éventail d'artistes libanais : le Monday Blues Band, Cool Drive, Anas Sabah Fakhry, Manel Mallat... Même un ambassadeur français est monté sur sa scène : Patrice Paoli, en poste entre 2012 et 2016, qui jouait de la guitare dans une formation de blues, le Funky Blues Band.
Au fil des années, le Blue Note s'est taillé une réputation qui a largement traversé les frontières du Liban. Pour preuve, les dizaines de portraits d'artistes étrangers accrochés aux murs rouges de l'établissement. D'un petit club de Ras Beyrouth, le Blue Note est devenu une étape incontournable du jazz moyen-oriental. Khaled Nazha, le propriétaire des lieux, a œuvré pendant de longues années pour installer cette solide réputation. Quand il ouvre les portes du Blue Note en 1987, la guerre civile n'est pas encore terminée, et ce n'est qu'en 1992 que le premier musicien étranger accepte de poser ses valises à Beyrouth. À travers la diaspora libanaise, Khaled Nezah étoffe son carnet de contacts musicaux, et rapidement, le nom du Blue Note circule dans les milieux jazz et blues. L'accueil, la qualité du public et le taboulé feront le reste.

Besoin d'une île...
« Good music, good food, good people ! » : c'est ainsi que Spiro Habache, membre du directoire de la boîte de jazz, explique le secret de la réussite du Blue Note. Khaled Nazah s'enorgueillit pour sa part de connaître par leur prénom chacun de ses clients et d'envoyer des messages personnalisés à certains d'entre eux pour les prévenir des événements. Il confie même détenir plusieurs numéros de responsables politiques de premier plan qui lui font confiance. Et pour cause, au Blue Note, l'ambiance est chaleureuse, et tout le monde se connaît ou presque. L'endroit est agréable, on y dîne, on y retrouve des amis ou des connaissances. « Quand on a ouvert le Blue Note, explique Spiro Habache, il est devenu le lieu où l'on ne se donnait pas rendez-vous, on s'y rendait en sachant qu'on y retrouverait des amis. »
Il faut dire qu'en 1987, Hamra était déjà le quartier mixte et cosmopolite qu'on connaît, regorgeant de cinémas et de théâtres, avec une Université américaine pourvoyant une clientèle régulière d'étudiants et de professeurs. « C'était un endroit de rencontres et de paix à un moment où les gens en avaient particulièrement besoin, explique Khaled Nazah. Durant la guerre, tout le monde avait besoin d'une île, d'un endroit préservé, et le Blue Note était cette île pour beaucoup de gens. » Aujourd'hui, l'atmosphère n'a pas changé, les habitués continuent de venir, et certains qui accompagnaient, tout petits, leurs parents, reviennent avec leurs enfants.

30 ans, et après ?
Depuis quelques années, le Blue Note ne fait plus venir de musiciens étrangers. « Faire venir des artistes des États-Unis ou d'Europe coûte très cher, confie Spiro Habache, ce qui nous oblige à demander aux clients des contributions souvent au-delà de ce qu'ils peuvent aujourd'hui se permettre. » Pour autant, le club n'entend pas capituler, et Khaled Nazah se rend aux États-Unis début 2018 pour rencontrer des artistes. Le Blue Note tente d'exploiter d'autres possibilités, d'autres schémas de fonctionnement pour attirer des musiciens étrangers. Spiro Habache confie réfléchir à l'organisation de tournées dans la région : « Nous vivons dans une région qui reste dynamique sur le plan musical ; il y a la Turquie, Chypre, la Jordanie... On peut imaginer des tournées avec d'autres clubs pour mutualiser les frais de déplacement. » Le club n'est pas à court d'idées pour continuer à faire vivre la musique au Liban. Trente ans et toujours la même fougue : « Inchallah ! » s'exclame Spiro Habache.

 

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