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Liban

Aoun met en garde contre « un danger mobile et une menace terroriste sérieuse »

Baabda

Le chef de l'État plaide pour faire du Liban un centre de dialogue entre civilisations et religions.

OLJ
04/12/2017

Le président de la République, Michel Aoun, a insisté sur l'importance de jeter les fondements d'un double traitement de l'extrémisme fatal, l'un instantané, qui en éliminerait la réalité, et un autre plus radical, qui interdirait sa résurgence à l'avenir. D'autant que, selon lui, le danger terroriste est aujourd'hui mobile et la menace sérieuse.
S'exprimant en tant qu'invité d'honneur de la conférence Euromed qui s'est tenue la semaine dernière à Rome, M. Aoun est revenu sur l'histoire du terrorisme et de l'extrémisme incarnés par el-Qaëda et d'autres groupements, le chef de l'État a estimé que « le terrorisme qui bat de plein fouet notre monde d'aujourd'hui est peut-être le plus dangereux, car il est le plus répandu et possède les armes les plus modernes ».
Rappelant ses mises en garde contre le risque de se laisser emporter par la guerre sunnito-chiite, M. Aoun a fait valoir que « le Liban se trouve à la croisée entre l'Europe et le Levant, et toute perte encourue ici ne restera pas sans répercussions là-bas ».
Selon lui, « plusieurs facteurs entrent en jeu pour paver la voie à l'émergence du terrorisme : avant tout un régime despotique avec une fausse démocratie ou une dictature déclarée, où le citoyen ne trouve pas d'espace pour s'exprimer ou de possibilité pour changer le pouvoir par des moyens démocratiques, doublé de pauvreté, de besoin et d'ignorance ; puis une pensée extrémiste et un fanatisme qui stimulent les instincts tuent la raison, paralysent la logique et offrent des solutions fictives, facilitant le recrutement ; ensuite, un ou des États qui profitent de tout ce qui précède, en assurent le financement et le soutien, génèrent un nouveau terrorisme sous un nouveau nom, et l'utilisent pour réaliser leurs intérêts en frappant l'économie, la sécurité et la stabilité d'autres pays, indifférents aux souffrances qu'ils pourraient causer à leurs peuples ».
Commentant la guerre menée aujourd'hui contre le terrorisme, Michel Aoun a mis en garde contre un « danger mobile », notant que « la menace est sérieuse entre les cellules dormantes et les loups solitaires, et personne ne sait comment et où ce terrorisme peut frapper, ni à quel point il est capable d'aller ou comment il se terminera ». Exposant les moyens de lutte contre le danger terroriste, Michel Aoun a déclaré : « Il est indispensable de jeter les fondements d'un double traitement : un traitement instantané qui élimine la présente réalité et un traitement radical qui interdit sa résurgence à l'avenir. Alors que le traitement instantané consiste à contrer le terrorisme militairement, le dissuader par la force, dessécher les sources financières qui l'alimentent et l'empêcher de se ravitailler en nouveaux éléments, le traitement radical est le plus important, car il interdit sa résurgence en éradiquant ses raisons d'être, à savoir son idéologie », a ajouté le chef de l'État.

Le Liban-message
Michel Aoun a profité de sa présence à Rome pour plaider en faveur du Liban, en tant que centre de dialogue entre les civilisations et les religions. « De par sa nature, le Liban est une société plurielle qui rassemble les chrétiens et les musulmans, toutes confessions confondues. C'est ce qui a poussé Sa Sainteté le pape Jean-Paul II à dire que le Liban est "plus qu'un pays, c'est un message". C'est justement ce message qui m'a motivé pour m'adresser aux Nations unies et proposer de faire du Liban un centre permanent de dialogue entre les diverses civilisations, religions et races, et une école pour former des éducateurs qui portent haut les valeurs humaines et la convivialité. Ce même message m'a poussé à me tenir parmi vous en ce jour et vous appeler à adopter cette proposition », a lancé M. Aoun à l'adresse des participants.
« J'ai la conviction que la civilisation méditerranéenne est la mieux adaptée pour accueillir ce dialogue, forte des liens historiques et culturels qui l'unissent. Elle est plus concernée que n'importe quelle autre région par le dialogue entre les civilisations et les religions, en vue de combattre le terrorisme et la violence qui envahissent le monde », a conclu Michel Aoun.

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