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Turquie: déplacer ses avoirs à l'étranger est de la trahison, selon Erdogan

AFP
03/12/2017

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé dimanche les hommes d'affaires qui déplacent leurs avoirs à l'étranger de "trahison" et a assuré qu'il n'autoriserait pas de telles démarches.
"J'entends que certains hommes d'affaires tentent de déplacer leurs avoirs vers l'étranger. Je le dis ici, j'en appelle au gouvernement pour qu'il n'autorise jamais aucune de ces sorties. Parce que ces mesures sont de la trahison", a déclaré M. Erdogan, lors d'un discours télévisé prononcé devant des membres de son parti à Mus (est).
Le chef de l'État turc n'a pas précisé à qui il faisait allusion avec ces propos, prononcés alors que se tient à New York le procès, potentiellement explosif pour Ankara, d'un dirigeant de la banque publique turque Halkbank, Mehmet Hakan Atilla, accusé d'avoir aidé Téhéran à contourner les sanctions américaines contre l'Iran.
Le témoin-clé de ce procès, le magnat de l'or turco-iranien Reza Zarrab, a, au deuxième jour de sa déposition jeudi, déclaré qu'en octobre 2012 M. Erdogan, alors Premier ministre, avait donné des "instructions" pour que deux autres banques turques puissent elles aussi participer au stratagème dont Halkbank était la plaque tournante pour contourner les sanctions contre l'Iran.
La veille, M. Zarrab avait affirmé avoir versé plus de 50 millions d'euros de pots-de-vin à un ex-ministre de l'Économie, Zafer Caglayan, entre mars 2012 et mars 2013.
La décision prise par M. Zarrab d'aider la justice américaine fait planer sur la Turquie le spectre de lourdes sanctions contre le secteur bancaire, alors que l'économie reste fragile.
Le procureur d'Istanbul a par ailleurs déclaré vendredi que les avoirs de M. Zarrab et de sa famille seraient confisqués dans le cadre d'une enquête pour "espionnage" pour le compte d'un État étranger, selon l'agence étatique Anadolu.
Les autorités turques ont fustigé ce procès, dénonçant un "complot politique" ourdi par le prédicateur Fethullah Gülen, également accusé par Ankara d'avoir fomenté le putsch manqué de juillet 2016, ce que l'intéressé, installé aux États-Unis, dément.
"Ce procès n'est rien d'autre que le complot (de décembre 2013) porté de l'autre côté de l'océan", a estimé dimanche M. Erdogan, en référence au scandale de corruption qui avait alors éclaté, impliquant plusieurs ministres et des cercles proches du pouvoir. M. Erdogan avait qualifié ce scandale de complot qu'il avait imputé à M. Gülen.
Le président turc a affirmé que ce n'est pas un procès qui se déroule actuellement aux États-Unis, mais une "tentative de chantage".

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