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Khan el-Joukh, ou comment les jeunes peuvent créer ensemble...

Événement

C'est un lieu d'échange et de commerce pour jeunes créateurs et artisans que Solidere met en place au sein d'un bienvenu programme de résidence étalé sur deux ans.

Danny MALLAT | OLJ
24/11/2017

Quand le Liban tourne la page de 25 années de guerre civile, c'est à Solidere, une société privée, que le pouvoir libanais confie la reconstruction du centre-ville qui symbolise sa renaissance, incarne la réconciliation, le trait d'union et la colonne vertébrale d'une capitale jadis sectionnée en deux. Malgré toutes les critiques dont il continue de faire l'objet, force est de reconnaître que Solidere a de l'espace, des idées et de l'ambition pour ses citoyens. Depuis sa création, elle a pour but d'encourager et de soutenir la créativité et les talents prometteurs à travers des programmes qu'elle développe tout au long de l'année. Khan el-Joukh en est un.

Dans les années 30, autour de souk el-Tawilé, gravitaient le souk Abou Nasr, fief des grandes épiceries ; le souk des orfèvres, où se côtoyaient les grands bijoutiers ; le souk des menuisiers, souk el-Franj, où cohabitaient fleuristes, marchands de fruits et de légumes, et souk el-Joukh, où popeline, batiste, flanelle et autre tissus s'échangeaient et se vendaient pour contribuer à l'élégance et au raffinement de la femme libanaise. C'est en mémoire de ces lieux et de leur histoire que Solidere vient de mettre en place un concept novateur, Khan el-Joukh, où, par-delà les échanges commerciaux, s'instaure une véritable mécanique des fluides du savoir-faire, ravivant ainsi la mémoire d'un heureux temps où seuls le travail et le vivre-ensemble avaient de l'importance.

 

Creative Space
Creative Space Beirut, école de design et de mode fondée en juin 2011 par Sarah Hermez, diplômée de Parsons New School for Design, est le pilier central de cette plateforme. Elle persévère dans son engagement : offrir une formation de qualité et des cours gratuits à une jeunesse défavorisée. Autour d'un atelier où les tailleurs s'activent à coudre des angles droits ou des arrondis, se dresse un coin de création pour les élèves qui s'essayeront à la ligne brisée ou au surfilage, ou pour les designers en quête d'inspiration, ainsi qu'un point de vente de textiles de grands créateurs de mode pour contribuer au financement de l'école. Cet espace réussit à rassembler une communauté qui gravite autour de la magie du textile et s'active tel un essaim d'abeilles. L'école vise à promouvoir le secteur créatif et rendre le monde du design accessible à ceux qui ont de la vision, du flair et de l'ambition. Pour soutenir ce petit monde, un groupe de designers et de créateurs a pris ses marques et installé ses mannequins dans des espaces alentour, mis à leur disposition par Solidere.

 

Salim Azzam
Chrystele Karam, architecte de formation, est née dans une famille d'industriels spécialisés dans la mousse. De cette culture qu'elle reçoit en héritage, elle redéveloppe une industrie de production familiale transmise depuis trois générations, pour la réfléchir en relation avec le design. Toujours en quête de moyens pour intégrer de nouveaux matériaux, elle n'hésite pas à user de procédés industriels et techniques novateurs. C'est ainsi qu'elle crée Blocksfinj, où elle utilise l'éponge dans sa forme la plus brute et la décline en espaces, meubles, objets ludiques et fantaisistes qui débordent de créativité. Elle perpétue l'histoire à sa façon...

C'est aussi l'histoire que Salim Azzam, l'un des 12 candidats au prix L'OLJ-SGBL de la saison 2 de Génération Orient, raconte, en créant une ligne de vêtements entièrement brodés à la main par des femmes qui leur donnent vie. Toute une communauté venue de différents villages libanais du Mont-Liban en général, et du Chouf en particulier, transmet son savoir et le met au profit de la création. Ces brodeuses de talent s'impliquent, s'affranchissent et se connectent à l'univers merveilleux de l'artiste. Quant à Starched, un concept store issu de la plateforme Starch fondée par Rabih Kayrouz et Tala Hajjar et qui, chaque année, met sous le feu des projecteurs six nouveaux talents, il rassemble à Khan el-Joukh 12 de ses anciens élèves, de la première promotion de 2008 jusqu'à la plus récente, sous un même étendard.
Stéphanie Nehmé et Sahar Hafda, deux designers libanaises travaillant le textile et le papier, présentent Studio 2, un espace conçu pour élargir leur processus créatif, partager leur travail et s'engager avec la communauté locale, en mettant à profit leur technique et leur savoir. Une gamme d'objets ludiques présente une série de pièces individuelles, chacune avec ses propres caractéristiques, défauts et bizarreries, des animaux, des abat-jour, des broches, des accessoires et plus encore.
Un projet comme une aventure, qui prend vie en allant au-delà des limites de la création et met au jour les compétences d'une jeunesse qu'il était déraisonnable de garder dans l'ombre.

*Khan el-Joukh, Golden Souk, Beirut Souks.
L'ouverture aura lieu aujourd'hui vendredi 24 novembre 2017 à 18h00.

 

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