Il y a un an et demi, je t'écrivais...
Je t'écrivais pleine d'espoir, amoureuse de toi comme jamais, éblouie par ton charme, éclatante de joie entre tes bras.
Mais là, je t'écris, et une seule question me crève la tête : que s'est-il passé, Beyrouth ?
Moi qui étais éprise de toi, que s'est-il passé ? Ai-je grandi beaucoup trop vite ? As-tu baissé les bras beaucoup trop tôt ? Ou simplement, ne dévoiles-tu tes vraies couleurs qu'avec le temps ?
Qu'as-tu fait de mes rêves ? Où les as-tu enterrés ? Sous quel arbre ? Au fond de quel océan ?
Qu'as-tu fait de ta jeunesse devenue si haineuse ? Qu'as-tu fait de tes gens, tes femmes, tes hommes, tes enfants ? Qu'as-tu fait de moi, Beyrouth ? Mon espoir, brûlé, renaîtra-t-il de ses cendres comme tu l'as fait plusieurs fois ?
Je t'en supplie, Beyrouth, ne me brise pas le cœur comme tes hommes l'ont fait. Ne t'échappe pas de moi.
Ne me tourne pas le dos.
Ne me donne pas les moyens de te quitter et les raisons pour le faire.
Si un jour cela arrive, si un jour je te quitte, si un jour je romps avec toi, si un jour je me lève sous un autre soleil que le tien, sache que c'est de ta faute. Sache que ce jour-là, je n'aurai plus rien à perdre... d'autre que toi.


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