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Liban

Des coliformes fécaux dans l’eau des ménages beyrouthins, selon une étude de l’AUB

Environnement
16/11/2017

Une étude publiée récemment par l'Université américaine de Beyrouth (AUB) dans le Journal of Environmental Management tire la sonnette d'alarme quant à la qualité de l'eau utilisée par les ménages à Beyrouth.

Collectés entre 2014 et 2016 auprès de citernes qui distribuent de l'eau à Beyrouth, les spécimens étudiés montrent à 80 % la présence de coliformes totaux et à 36 % celle de coliformes fécaux. « La présence des coliformes fécaux pourrait être liée au mélange des eaux usées avec les eaux collectées par les citernes », précise Mutasem Fadel, directeur du Centre des ressources minérales du département d'ingénierie civile et environnementale à l'AUB. Il a dirigé l'étude en question et qui a été financée par le Centre de recherche et de développement international du Canada (IDRC).

« La plupart de l'eau qui vient des citernes est polluée et impropre à l'utilisation, on ne devrait même pas se doucher avec. Cette eau pourrait être utilisée pour les chasses d'eau ou pour faire le ménage, indique M. Fadel. Il faut examiner l'eau régulièrement pour voir s'il faut la traiter ou pas et savoir pour quel usage la réserver », ajoute-t-il. « Le travail des citernes n'est pas régulé et nous ne savons pas toujours d'où vient l'eau, ni quelle est sa qualité, ni si les citernes sont lavées régulièrement », déplore le chercheur.

 

(Pour mémoire : « Il faut davantage de recherches pour déterminer les sources d'eau contaminées par le plastique à Beyrouth »)

 

Des pratiques hygiéniques douteuses
Parmi les propriétaires de citernes cités dans l'étude, et qui puisent leur eau en dehors de Beyrouth, le long de la côte, dans des puits situés entre Antélias et Choueifate, 27 % ont admis qu'ils ne lavaient jamais les citernes, 12 % qu'ils le faisaient occasionnellement, 12 % qu'ils lavaient à l'eau, et 49 % qu'ils avaient déjà lavé avec des détergents. Seuls deux propriétaires de citernes interrogés avaient ajouté des capsules de chlore à l'eau pour la traiter.

« Si les citernes sont là, c'est parce qu'il y a une demande croissante pour l'eau, mais leur travail doit être régulé. Les résultats montrent que les citernes sont une source importante de contamination en bactéries coliformes », souligne M. Fadel. L'étude pointe du doigt les matériaux dont sont faites les citernes ainsi que les mesures d'hygiène pratiquées par leurs gérants, « qui ne sont pas conformes dans la plupart des cas aux standards internationaux de transport des eaux et qui sont en train de contaminer l'eau en y introduisant des bactéries ».

Un autre indicateur mis en relief par l'étude est celui de la forte salinisation de l'eau. « L'eau de mer est en train de s'infiltrer dans les nappes phréatiques. Plus on pompe, plus elle s'infiltre. Le taux de sel arrive à 70 % dans certains endroits de Beyrouth. On retrouve même du sel dans l'eau puisée à Hadeth et Hazmieh », souligne M. Fadel.

M. Fadel évoque par ailleurs les retombées économiques de l'achat de l'eau distribuée par les citernes sur les ménages. Près de 16 % des dépenses d'un ménage beyrouthin seraient destinées à l'achat d'une eau impropre à l'utilisation dans la plupart des cas.

 

 

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Saliba Nouhad

Et puis, au point où on en est, ça n’émeut plus personne!
Quelques gastro-entérites en plus ou en moins, on s’absente quelques jours à se faire dorloter à la maison, ça fait la fortune des vendeurs. d’ercefuryl et autres...
Et puis, le saviez-vous, ingérer des petites quantités régulières de ces microbes va nous donner une vaccination naturelle qui nous rendra plus résistants, ajoutant à notre résilience mythique...
Ceux qui paierons le prix seront les visiteurs de l’étranger! Mais même ceux-là, nos gouvernants travaillent à en recevoir de moins en moins...
Donc, cessons de jouer aux alarmistes, les problèmes se résolvent d’eux-mêmes chez nous (sic)!

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