Nos Lecteurs ont la Parole

Beyrouth, mon amour ?

Dolly TALHAME
OLJ
11/11/2017

J'ai soixante-quinze ans et je suis beyrouthine. Il y a des matins où je me réveille amoureuse de ce pays, et d'autres où je me demande comment j'accepte tout ce qu'il ne me donne pas. Mais tous les jours, je me dis qu'il n'est pas question pour moi de vivre ailleurs.
C'est pour comprendre ce qui m'y retient si fort que j'ai décidé de décrire mes journées comme si je les vivais dans le cadre d'une téléréalité
C'est la rentrée. Fin septembre a vu défiler des expos d'art internationales et de design local qui ont drainé vers le BIEL une foule d'intellectuels, de mondains, de désœuvrés et d'artistes. J'ai fait partie du lot et m'en suis trouvée ravie. Puis, il y a eu le week-end des potiers à Bkerzay qui a déplacé ce même monde vers le Chouf pour y admirer, l'indétrônable man'ouché à la main, le travail des artisans et les maisons d'hôtes en pierre de taille, dans un décor serein d'oliviers et de vignobles. J'en suis revenue revigorée. Nombre de maisons d'hôtes ont ouvert leurs portes ces dernières années, de la Békaa à Batroun, de Tyr au jurd du Kesrouan. Ce même week-end, Macam, ce musée en pleine forêt, a inauguré sa biennale dans la bonne humeur générale. Et pour ceux qui étaient restés en ville, les salles de cinéma ont affiché complet grâce à la projection de L'Insulte.
Octobre n'a pas démarré dans la joie. Nos gouvernants, donnant d'une main et prenant de l'autre en n'oubliant jamais de se réserver la part du lion, ont vite fait de ramener dans la rue les manifestants « Badna n hassib ». Les pancartes ont été ressorties, la grogne est générale, la grève menace, mais le street art détourne les regards de ces pancartes vite oubliées. Beyrouth est, en ce mois, la capitale des tagueurs, et c'est nettement plus distrayant de les suivre sur les murs en béton de la capitale. Alors j'ai oublié mes griefs pour des horizons étonnants de créativité et poursuivi ma quête d'expression artistique à Beit Beirut, lieu de mémoire, avant de me diriger vers l'hippodrome pour comparer les robes des vins locaux. Tout en laissant mes compagnons terminer leur soirée sur une note musicale à la cathédrale Saint-Joseph des jésuites où l'on inaugurait les concerts du vendredi avec la première symphonie de Mahler.
Voilà pour cette fois, et au billet prochain.

 

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