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Culture - Rediffusion

Les flux migratoires, un tsunami humain, atemporel et universel

« Journey of Hope », de Xavier Koller, Oscar du meilleur film étranger 1991.


Lorsque Dustin Hoffmann annonce, le 21 mars 1991, la victoire du film Journey of Hope (Le voyage vers l'espoir), décernant ainsi à Xavier Koller l'oscar du meilleur film étranger, le réalisateur suisse, qui est alors en concurrence avec d'immenses figures du cinéma mondial, ne cache pas son étonnement et sa surprise. Pourtant, la récompense octroyée au long métrage, projeté la semaine dernière au Metropolis à l'occasion du Festival du film des droits de l'homme et des migrations, en présence du réalisateur, est légitime.
Journey of Hope, est une épopée, celle d'une famille kurde qui s'embarque dans un voyage vers ce qui semble être le paradis sur terre, la Suisse. Or le voyage ne se déroule pas comme prévu. Grâce à des images d'une beauté saisissante et des acteurs d'une authenticité rare, Xavier Koller illustre l'exil d'une manière impressionnante. À l'occasion de sa présence à Beyrouth, il a répondu aux questions de L'Orient-Le Jour.

Vingt-six ans après sa sortie en salle, votre film est toujours projeté. En quoi est-il toujours d'actualité ?
Ce film ne représente pas des chiffres désincarnés, sans âme. Ce sont avant tout des êtres humains. Voilà ce que j'ai voulu faire : mettre un visage sur un problème dont on parle trop souvent de manière froidement statistique. J'ai essayé de créer un lien de nature émotionnelle entre le spectateur et les personnages. Il ne s'agit pas seulement d'un groupe de Turcs, ce sont quinze êtres humains qui évoluent dans le film, avec leurs forces et leurs faiblesses, leurs espoirs et leurs peurs. On les accepte comme ils sont, on comprend ce qu'ils font. Mon objectif était de créer un sentiment d'empathie pour eux. Cette volonté de mettre l'humain au centre du film, et de faire du contexte sociopolitique un moyen plutôt qu'une fin, donne à mon avis un caractère universel et atemporel à ce projet.

En observateur attentif des problématiques migratoires, quel est votre point de vue sur l'évolution de la question durant le quart de siècle écoulé ?
Humainement, c'est toujours la même chose ; ce sont les chiffres, les zones et les motivations qui changent. Les flux migratoires sont une question qui doit être fondamentale au niveau mondial en ce moment. Le phénomène existe bien sûr depuis toujours, mais, actuellement, on assiste à un véritable tsunami humain. L'un des grands changements que j'observe est lié à l'économie de la migration. Certains individus gagnent des millions avec ce business de la souffrance. Ils volent aux gens leur argent, et trop souvent leur vie. Une traversée de la Méditerranée, par exemple, coûte environ 6 000 dollars actuellement. Lorsqu'on sait quel est le nombre de personnes qui tentent leur chance chaque jour, on peut déduire la somme d'argent que cela représente. Voilà la vraie nouveauté. À l'époque de Journey of Hope, les enjeux financiers étaient sans commune mesure avec ce qui se fait aujourd'hui.


Lorsque Dustin Hoffmann annonce, le 21 mars 1991, la victoire du film Journey of Hope (Le voyage vers l'espoir), décernant ainsi à Xavier Koller l'oscar du meilleur film étranger, le réalisateur suisse, qui est alors en concurrence avec d'immenses figures du cinéma mondial, ne cache pas son étonnement et sa surprise. Pourtant, la récompense octroyée au long métrage, projeté la semaine...

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