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Liban

« Survivre, apprendre et protéger » : le credo gagnant de Save the Children

Humanitaire

L'ONG internationale a présenté ses objectifs pour le Liban, en mettant l'accent sur l'émancipation des enfants fragilisés par leur environnement social.

01/11/2017

Près de la moitié des 1,5 million de réfugiés syriens présents au Liban sont des mineurs d'âge, selon les chiffres de l'ONU. Confrontés à une précarité grandissante, nombre d'entre eux font face à des problèmes comme la déscolarisation, le travail et les mariages forcés. Dans ce contexte, l'association Save the Children a présenté hier un plan pour réduire ces phénomènes néfastes au développement personnel de l'enfant, lors d'une conférence qui s'est tenue à l'hôtel Le Bristol, en collaboration avec l'ambassade de Suède à Beyrouth.
Cette journée s'est déroulée sous le patronage du ministre des Affaires sociales, Pierre Bou Assi, en présence également de son collègue de la Défense, Yaacoub Sarraf, de l'ambassadeur de Suède, Jörgen Lindströmn, et de la directrice de Save the Children-Liban, Allison Zelkowitz. Dans son allocution, Pierre Bou Assi a salué l'initiative et le travail entrepris par l'ONG. « L'absence d'éducation pour un enfant met l'ensemble de la société face à de nombreuses difficultés. Moi aussi, j'ai souffert de la guerre étant petit, j'ai conscience que les enfants sont les premières victimes des conflits armés », a déclaré le ministre, en allusion aux enfants victimes du conflit syrien. Il a précisé que le Liban œuvre pour assurer une éducation normale à 200 000 enfants syriens.
Save the Children œuvre depuis 1919 à faire reconnaître les droits des enfants, en les protégeant et en leur permettant d'exploiter pleinement leur potentiel. À l'horizon 2018, l'association espère subvenir à tous les besoins essentiels des enfants précarisés. « Survivre, apprendre et protéger » est la devise de l'organisation, qui souhaite également réduire drastiquement le travail des mineurs, en constante augmentation au Liban, en donnant la priorité à l'éducation. Concernant l'implication d'enfants sur des terrains de guerre, Pierre Bou Assi a insisté sur le fait que « seules les personnes âgées de 18 ans ou plus peuvent rejoindre l'armée libanaise. Certaines formations font cependant participer des mineurs à des conflits armés. La communauté internationale doit prendre les mesures adéquates pour que cela cesse. »
Au regard des mariages précoces encore pratiqués, Pierre Bou Assi a estimé que « l'âge de 18 ans devrait être la norme à respecter par la société libanaise, et toute violation devrait être condamnée ».

Une rescolarisation en Syrie ?
Selon la directrice de l'association, Allison Zelkowitz, plus de 60 % d'enfants étrangers ne sont pas scolarisés au Liban. À L'Orient-Le Jour, elle a rappelé que « 100 000 enfants Libanais sont aussi dans une grande précarité ». Selon elle, l'avenir des enfants syriens doit être « une priorité à ne pas négliger ». « Le Liban a fourni un travail formidable depuis le début de la crise et je pense qu'il faut poursuivre sur cette voie. Les enfants syriens doivent sentir qu'ils sont toujours les bienvenus ici, peu importe leur origine sociale ou géographique, jusqu'au jour où leur pays sera un endroit sûr pour y vivre, ce qui n'est pas le cas actuellement. » Hier, dans la Ghouta orientale (banlieue de Damas), quatre enfants ont été fauchés par un tir d'obus du régime syrien à l'entrée de leur établissement scolaire. Prenant en compte la réalité du terrain, la directrice de Save the Children a estimé « qu'il faudra penser à reconstruire le système scolaire syrien, et cela ne se va pas se faire rapidement ». Dès lors, les solutions immédiates trouvent leur place sur le terrain libanais, selon Save the Children.
Lors de la conférence, l'association a aussi mis à l'honneur une dizaine d'enfants dans le panel d'intervenants, leur permettant de faire entendre leur voix et leurs problèmes, tels que vécus au quotidien.
Touchante, l'histoire de Samira a ému le public. « Je viens de la ville de Homs, une ville qui était remplie d'amour. Je suis venue ici de force afin de poursuivre mes études. Mon rêve était de devenir journaliste, mais maintenant cette idée s'est brisée, je dois assumer des responsabilités dont je ne devrais pas me préoccuper à mon âge. »Abdel Rahman, 16 ans, vient lui aussi de Syrie. « Mes amis sont morts en Syrie. Ici, l'éducation est meilleure, mais certaines personnes sont très racistes », a-t-il déploré devant l'auditoire. Pour Stervan, une jeune fille kurde habitant à Bourj Hammoud, « l'oppression, la discrimination raciale et la haine sont monnaie courante. Vais-je un jour rentrer en Syrie ? Je veux me concentrer sur mes études ici au Liban ». Enfin, Tarek, un jeune de Aïn el-Héloué, a souhaité « donner une image du camp palestinien différente de celle véhiculée dans la société ».« Il n'y a pas de guerre ici, mais le taux de chômage énorme amène les gens à participer à des conflits armés », a-t-il expliqué.
Ces problèmes apparus dans le sillage du conflit syrien sont connus des ONG. « Réduire les stéréotypes est aussi un enjeu pris en compte par notre organisation. Les familles libanaises doivent comprendre que les familles syriennes ne sont pas si différentes. Elles ont de nombreux points en commun », a noté Allison Zelkowitz, qui espère faire avancer les mentalités fracturant la société libanaise.

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