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Moyen Orient et Monde - Catalogne

Puigdemont douche les espoirs d’apaisement

Le président indépendantiste renonce aux élections et soumet sa région au risque d'une mise sous tutelle.

Le président indépendantiste Carles Puigdemont (à droite) prononçant son allocution à la Generalitat, siège du gouvernement régional de Catalogne. Pau Barrena/AFP

Le président indépendantiste catalan Carles Puigdemont a renoncé, hier, à convoquer des élections dans sa région, douchant les espoirs de ceux qui espéraient un apaisement et rapprochant la Catalogne d'une mise sous tutelle, voire d'une déclaration unilatérale d'indépendance. Soumis à de fortes pressions de toutes parts, M. Puigdemont avait, depuis la mi-journée, plusieurs fois repoussé son allocution sur la situation politique. Plusieurs élus de son parti annonçaient même qu'il avait finalement décidé de convoquer ces élections, au grand soulagement de ceux qui craignent que la crise entre les indépendantistes et Madrid ne déstabilise toute l'Espagne, voire l'Europe.
« J'étais disposé à convoquer ces élections (...). Il était de mon devoir de le tenter pour éviter l'impact sur nos institutions » d'une mise sous tutelle de la Catalogne, a ensuite déclaré le président catalan. Puis il a assuré qu'il n'avait réussi à obtenir « aucune garantie » de la part de Madrid. Le gouvernement espagnol du conservateur Mariano Rajoy a prévu de faire approuver par le Sénat, aujourd'hui, l'application de l'article 155 de la Constitution qui permet une suspension de facto de l'autonomie à laquelle la Catalogne tient tant, récupérée après la fin de la dictature de Francisco Franco (1939-1975). En réponse, les séparatistes menacent de proclamer l'indépendance. « Il revient au Parlement (catalan) de déterminer les conséquences de l'application contre la Catalogne de l'article 155 », a dit M. Puigdemont, sans autre précision.
Hier après-midi, le président catalan était toujours dans l'attente d'un engagement de Madrid à ne pas mettre la région sous tutelle au cas où il convoquerait ces élections, ont déclaré des sources proches des négociations. Les contacts indirects s'étaient multipliés ces derniers jours entre M. Puigdemont, le gouvernement Rajoy et le palais royal, selon une autre source politique impliquée dans ces négociations, mais ils n'ont pas porté leurs fruits.

Traître
Quelques minutes après l'allocution de M. Puigdemont, la vice-présidente du gouvernement espagnol, Soraya Saenz de Santamaria, commençait à défendre devant le Sénat, à Madrid, l'application de l'article 155, pour « ouvrir une nouvelle étape » dans laquelle la loi serait « respectée ».
À Barcelone, les indépendantistes les plus radicaux pressaient M. Puigdemont de proclamer immédiatement l'indépendance de la région ainsi que la création d'une république catalane. Ils mettaient en avant les résultats du référendum d'autodétermination interdit, soutenant qu'ils constituaient « un mandat » pour cette déclaration unilatérale d'indépendance. En milieu de journée, plusieurs milliers de manifestants s'étaient même massés devant le siège du gouvernement catalan pour exiger une proclamation unilatérale de l'indépendance, certains accusant déjà M. Puigdemont d'être « un traître ». En revanche, le principal parti d'opposition aux indépendantistes implorait, lui, le président catalan de convoquer les élections et de permettre un apaisement qui évitera une mise sous tutelle de la région, au cours d'une séance du Parlement catalan. C'est pendant cette séance, qui a commencé hier mais est prévue pour durer jusqu'à aujourd'hui, que le Parlement pourrait proclamer l'indépendance en réponse à une mise sous tutelle.
Les mesures envisagées par Madrid sont draconiennes : destitution de l'exécutif indépendantiste, mise sous tutelle de la police, du Parlement régional et des médias publics, pour une période qui pourrait atteindre six mois, avant des élections régionales en 2018. L'approbation des sénateurs, qui doivent voter aujourd'hui donc, est en principe acquise. Car les conservateurs disposent de la majorité absolue au Sénat et peuvent aussi compter sur le soutien assuré du parti libéral Ciudadanos né en Catalogne contre l'indépendance.
Source : AFP

Le président indépendantiste catalan Carles Puigdemont a renoncé, hier, à convoquer des élections dans sa région, douchant les espoirs de ceux qui espéraient un apaisement et rapprochant la Catalogne d'une mise sous tutelle, voire d'une déclaration unilatérale d'indépendance. Soumis à de fortes pressions de toutes parts, M. Puigdemont avait, depuis la mi-journée, plusieurs fois repoussé son allocution sur la situation politique. Plusieurs élus de son parti annonçaient même qu'il avait finalement décidé de convoquer ces élections, au grand soulagement de ceux qui craignent que la crise entre les indépendantistes et Madrid ne déstabilise toute l'Espagne, voire l'Europe.« J'étais disposé à convoquer ces élections (...). Il était de mon devoir de le tenter pour éviter l'impact sur nos institutions » d'une mise...
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