Liban

Le journalisme libanais, sur la bonne voie en matière de respect de la diversité

OLJ
19/10/2017

Fruit d'une collaboration entre la Fondation Samir Kassir-Centre SKeyes, l'agence française de coopération médias CFI et Adyan, le projet Naseej est destiné à examiner le rôle central des médias libanais, syriens et irakiens dans la présentation des enjeux liés à la diversité.
À l'ombre de la résurgence, au sein des sociétés arabes mais aussi dans les démocraties les plus établies, des ethnicités et des groupes identitaires, un travail d'analyse de la couverture médiatique de ces changements sociaux s'imposait. D'autant que le rôle du journaliste reste primordial pour l'atténuation des tensions communautaires ou ethniques, ou à défaut de leur exacerbation.
Parmi les questions posées au cours de cette étude, celle de savoir si le rôle des médias se limite à rapporter les faits ou s'ils doivent plutôt contribuer activement à une certaine vision de la société. Également soulevée, la question de savoir si les critères professionnels du journalisme sont suffisants pour éviter les discours de haine et les messages exacerbant la tension communautaire.
« L'objet n'est pas de demander aux journalistes d'instaurer la paix ou d'éviter les conflits, mais de contribuer à l'émergence de conditions plus propices au dialogue, à travers une meilleure qualité d'information, vérifiée et professionnelle, évitant les généralisations et les stéréotypes », précise le rapport publié par SKeyes dans la préface. Le directeur exécutif de la fondation, Ayman Mhanna, a indiqué à ce propos qu'il n'est pas demandé aux médias d'accorder un traitement privilégié aux minorités face à la majorité, mais de mettre en lumière les difficultés auxquelles font face les citoyens, tous les citoyens, quelle que soit leur appartenance.
« Contrairement à ce qu'on aurait pu penser, les conclusions de l'étude relatives au Liban » ne sont pas alarmantes « en termes d'exacerbation des tensions communautaires. Les résultats ont ainsi montré que 51 % de la couverture médiatique libanaise de la question de la diversité » constitue une source de menace, contre 49 %, qualifiée de « source de richesse ». Ce qui n'est pas le cas en Syrie et en Irak, des pays qui sont toujours en situation de crise. Quant à la variable de la « diversité des points de vue » également prise en compte dans l'étude, le Liban est également venu en bonne position relativement, avec 40 % de la couverture ayant tenu compte de la règle de la diversification des sources, contre 60 %. Les chiffres pour l'Irak et la Syrie sont moins optimistes, à savoir 5 % contre 95 %.
Pour M. Mhanna, l'une des conclusions importantes mises en exergue dans cette étude est « la corrélation entre la qualité du travail journalistique et la tendance à considérer la diversité comme source de richesse ». Autrement dit, « plus le journaliste est professionnel dans son approche, plus il diversifie les sources, évite les généralisations et les stéréotypes, plus il a tendance à considérer la diversité ethnique, culturelle et religieuse comme une valeur ajoutée et non un facteur de conflit et de péril », dit-il.

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