Nos Lecteurs ont la Parole

Au bal des imbéciles

Georges TYAN
OLJ
19/10/2017

En 1948, les dirigeants avaient, sous la pression de leurs pairs arabes, refusé au peuple palestinien chassé de chez lui, déraciné de ses terres par l'invasion israélienne, tout document de voyage ou laissez-passer, le gardant dans des enclos appelés camps, pour faire soi-disant pression sur les instances internationales et accélérer son retour sur ses terres spoliées.
On connaît la suite. Les centres d'accueil sont devenus des camps retranchés, la misère a miné toute volonté de retour, ces populations désœuvrées faute de travail louaient leurs bras inactifs au plus offrant pour faire le coup de feu ou la révolution, à tel point que cet esprit malade que fut M. Kissinger eut la mauvaise idée de leur proposer en compensation comme patrie de rechange le Liban.
Comme quoi résoudre un problème en en créant un autre n'a jamais empêché ces êtres malfaisants qui gouvernent le monde de dormir sur leurs deux oreilles. Le sang qui coule n'est pas le leur, ni les destructions occasionnées à l'autre bout de la planète, d'autant plus que ces atrocités permettent à leurs industries militaires de tourner à plein régime et, par ricochet, d'inverser leur courbe du chômage.
Je ne m'étendrai pas sur ces douloureux évènements qui ont failli coûter aux Libanais leur pays, toujours vacillant au demeurant, et encore moins sur ces amitiés nouvelles entre le spoliateur et les pays censés être ses ennemis. Mais, tant qu'à faire, quand on a la paix chez soi, on reste ouvert à toutes les compromissions, même si c'est l'ennemi historique qui mène la danse.
Aussi, je prie le lecteur de me passer l'expression, à mon humble avis elle est méritée, au bal des imbéciles, les dirigeants libanais ne seront pas à l'orchestre. Soixante-dix ans déjà et ils n'ont rien retenu de l'histoire qui semble être un éternel recommencement.
Avant ce fut les Palestiniens, aujourd'hui il s'agit du peuple syrien fuyant un démoniaque maniaque du canon, du meurtre et des assassinats à tout-va. Même sachant ce qu'il a fait à mon peuple, mon pays, mes amis, il ne me revient pas de juger de son action contre ses concitoyens qui par centaines de milliers, au plus fort des combats, l'ont plébiscité lors du scrutin présidentiel organisé il y a deux ou trois ans à la chancellerie syrienne à Baabda.
À leur arrivée chez nous, les Palestiniens étaient deux cent mille, nous en sommes à quatre cent cinquante ou cinq cent mille aujourd'hui. Les Syriens ont dépassé les deux millions, sachant que venus avec femmes et enfants qui grandissent et se marient, on décompte, bon an, mal an, plus de trois cent mille naissances.
Notre situation économique frôle le désastre, la main-d'œuvre syrienne a remplacé dans beaucoup de métiers la main-d'œuvre locale. Sauf si, par je ne sais quel miracle, nos responsables conviendraient tous ensemble qu'en Syrie il existe des zones démilitarisées plus vastes que le Liban, où la paix règne, et que le temps du retour chez eux de nos hôtes syriens est venu.
Il faut que cessent les comptes de boutiquiers, nulle communauté, même si son ampleur double ou triple, ne pourra jamais gouverner à elle seule le Liban.
Enfin, un peu d'humilité ne fait de mal à personne. Dans le concert des nations et des intervenants internationaux en Syrie, ce n'est pas nos gouvernants, aussi doués qu'ils soient, qui donneront ou dénieront au régime syrien sa légitimité. L'important est le Liban, certainement pas eux ni leurs états d'âme, encore moins l'hypothétique succès d'estime qu'ils comptent engranger en infligeant un surcroît de souffrance à leurs concitoyens.

 

Lire aussi à la une

Retour à la page "Nos Lecteurs ont la Parole"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Gros Gnon

Un imbécile est quelqu’un dénué d’intelligence, un simplet.
On pourrait donc croire qu’il n’est pas responsable de ses actes.
Nos "dirigeants" sont en pleine possession de leurs esprits.
Ils sont tout à fait conscients de leurs actes.
Ce ne sont pas des imbéciles.
Ce sont des criminels!

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

JE DIRAIS AU BAL DES HEBETES CAR LES IMBECILES PEUVENT TOUJOURS PENSER DES IMBECILITES MAIS CHEZ LES HEBETES L,HORLOGE NE TOURNE PLUS !

gaby sioufi

si le but de cet article est de demander aux "dirigeants" libanais de prendre langue avec ceux syriens au sujet des refugies,
je rappelle que les syriens n'ont fait montre d'aucune volonte ,verbale pr commencer, meme hypocrite, de vouloir les reprendre , eux cioyens syriens,
je rappelle aussi qu'aucun sous fifre syrien n'a jamais rendu une seule visite a 1 seul camp de refugies depuis 6 ans .
au contraire certains syriens-responsables- ont repete a qqs reprises que le retour de leur citoyens ne peut pas encore se faire....

alors jeter le blame a nos dirigeants , je veux bien, MAIS ne pas taire la responsabilite DES SYRIENS est de rigueur

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Pour le Liban, Hariri n’était pas démissionnaire

Le Journal en PDF

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

X
Déjà abonné ? Identifiez-vous
Vous lisez 1 de vos 10 articles gratuits par mois.

Pour la défense de toutes les libertés.