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Irak

« Aujourd’hui, tout le monde nous a abandonnés », lance Soran en fuyant Kirkouk

Alors que l'armée irakienne a repris hier le contrôle de Kirkouk, des milliers de civils ont préféré fuir la région.

Des familles kurdes fuient les combats à Kirkouk. Safin Hamed/AFP

« On a pris tout ce qu'on pouvait et on est partis », lâche Zlatan par la fenêtre de son pick-up. Ce matin, il était encore à Kirkouk avec sa femme et ses quatre enfants. Mais lorsque cette famille a entendu les rafales briser le silence matinal de la ville, ils ont préféré plier bagage et partir vers Erbil, la capitale du Kurdistan irakien. À l'arrière du véhicule, quatre grosses valises s'entassent aux côtés de quelques couvertures. La marque d'un départ précipité, que des milliers de civils ont préféré prendre hier matin, alors que l'armée irakienne progressait dans la région éponyme à la ville.

« On part tous se réfugier au Nord, sans vraiment savoir combien de temps on y restera », explique Zlatan. La voix tremblante et le regard mouillé de ce père de famille trahissent l'angoisse qui commence à le gagner. Trois heures déjà que celui-ci a quitté Kirkouk, et il n'a parcouru jusque-là qu'une cinquantaine de kilomètres. Derrière lui, des centaines d'autres voitures tracent une ligne infinie, qu'on devine au moins s'étendre jusqu'à la ville pétrolière. Au milieu de ce vacarme, des membres appartenant à des associations humanitaires distribuent des boissons et de la nourriture aux familles fraîchement déplacées. Lesquelles s'interrogent déjà sur l'avenir.

Alors que Zlatan et sa famille seront hébergés ce soir chez des amis, beaucoup d'habitants ne savent pas encore dans quel endroit ils pourront se rendre pour poser leurs valises. Navdar fait partie de ceux-là, mais tente de se faire rassurant : « Une famille m'a déjà proposé de rester avec elle à Erbil pour quelques jours... Je pense qu'on trouvera tous une solution une fois qu'on arrivera sur place », affirme-t-il, confiant. Et pourtant, aucun d'entre eux ne sait vraiment aujourd'hui pour combien de temps ils sont désormais partis.

 

(Lire aussi : Bagdad profite des divisions kurdes pour s’emparer de Kirkouk)

 

Pour cause, les forces irakiennes ont désormais pris le plein contrôle de la ville de Kirkouk, ainsi que de ses campagnes alentour, après le bras de fer entre le gouvernement central de Bagdad et la région autonome du Kurdistan irakien suite au référendum d'indépendance organisé le 25 septembre dernier. Parmi ces contingents militaires, la présence des miliciens des Unités de mobilisation populaire, appelées également Hachd al-Chaabi, signe pratiquement l'acte d'un non-retour définitif pour la majorité de ces habitants. « Ils sont pires que Daech ! » clame Soran, qui tente en vain de guetter du haut d'une colline l'arrivée de sa sœur. « Si on revient alors que ces chiens sont encore installés dans nos maisons, ils vont violer nos femmes et nos sœurs ! » s'énerve le jeune homme. Installés quelques mètres plus loin, les membres d'une famille hochent la tête en signe d'approbation.

Tous paraissent désemparés. Pour eux, la reprise de la ville de Kirkouk apparaît comme une débâcle généralisée. Alors que certains critiquent déjà les peshmergas qui reculent dans les terres à leurs côtés, d'autres s'en prennent à la communauté internationale, qui selon eux, les a oubliés. « Les Américains ont offert leur arsenal militaire à l'Irak pour qu'ils combattent Daech, et maintenant ils s'en servent pour nous déloger », s'insurge Soran. Pour lui, la communauté kurde ne peut désormais plus compter que sur elle-même. « Il faut le dire : aujourd'hui, tout le monde nous a abandonnés », souffle-t-il, en continuant de scruter l'horizon.

 

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commentaires (2)

VOS FRÈRES KURDES VOUS ONT ABANDONNÉ LES PREMIERS ET ONT FUI ! HONTEUX POUR DES KURDES RÉPUTÉS GRANDS BATAILLEURS...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

11 h 16, le 17 octobre 2017

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Commentaires (2)

  • VOS FRÈRES KURDES VOUS ONT ABANDONNÉ LES PREMIERS ET ONT FUI ! HONTEUX POUR DES KURDES RÉPUTÉS GRANDS BATAILLEURS...

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    11 h 16, le 17 octobre 2017

  • IL PLEURE SUR MON COEUR COMME IL PLEURE SUR """ LES VILLES """ les kurdes n'en sont pas encore au bout de leurs esperances.

    gaby sioufi

    11 h 06, le 17 octobre 2017