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Liban - Déplacés

Riachi plaide pour une information qui réduit la tension entre les réfugiés et les communautés hôtes

De Budapest, Bassil met en garde contre les risques liés aux mouvements massifs de populations.

Le ministre de l’Information a mis en garde contre les discours racistes, à l’ouverture d’un atelier de travail adressé aux médias sur « la couverture des questions liées aux réfugiés ».

Deux ministres, deux approches et deux discours différents par rapport au dossier des réfugiés syriens. Au moment où le ministre de l'Information, Melhem Riachi, insistait sur les dangers d'une exacerbation du ressentiment à l'égard des déplacés syriens, son collègue des Affaires étrangères, Gebran Bassil, mettait l'accent sur les effets négatifs de leur exode sur la cohésion démographique et sociale dans les pays hôtes.
S'exprimant à l'ouverture d'un atelier de travail destiné aux journalistes, sur la couverture des dossiers liés aux réfugiés, organisé par son ministère en coopération avec le HCR, M. Riachi a mis l'accent sur l'importance d'une « information positive ». « Il ne s'agit pas de dissimuler des vérités ou d'aller à l'encontre de l'objectivité. Loin de là. Ce qu'il faut, c'est s'abstenir de mener campagne contre toute une population si un de ses ressortissants commet un meurtre, de ne pas véhiculer le racisme et des idées qui sont à l'antipode de vérités historiques », a averti M. Riachi.
Après avoir rappelé la présence de plus d'un million et demi de réfugiés syriens au Liban, Melhem Riachi a assuré que ces derniers veulent rentrer chez eux. « Cela ne veut pas dire que nous devons nous entretuer avec eux pour qu'ils regagnent leurs foyers, après sept ans passés chez nous, a souligné le ministre de l'Information. Cela veut dire qu'il faut créer des espaces médiatiques et humanitaires similaires à ceux qui sont institués en Syrie pour réduire la tension », a-t-il insisté, en mettant l'accent sur « l'importance du rôle que les médias peuvent jouer en vue d'un retour sûr des réfugiés chez eux ». « Nous devrons œuvrer ensemble de façon positive pour réduire les causes des tensions, sous le seuil de la loi », a-t-il encore dit, en expliquant qu'il est nécessaire que deux éléments soient assurés pour gérer la présence syrienne : « La réglementation et le courage de l'amour. »
La représentante du HCR au Liban, Mireille Girard, a souligné pour sa part qu'avec l'approche de la date des élections législatives, « il faut prévoir un ordre du jour chargé de questions qui peuvent affecter la société ou encore la situation politique et économique dans le pays ». « Cette tension se reflète parfois dans l'approche du dossier des réfugiés à qui on attribue la responsabilité des problèmes politiques, sécuritaires et économiques qui se produisent », a-t-elle souligné.
Parallèlement, le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, qui effectue une visite officielle à Budapest, s'est attardé sur le dossier des réfugiés lors d'une rencontre avec des représentants de la communauté libanaise en Hongrie. Il a relevé la fermeté de la politique suivie par Budapest à l'égard des déplacés syriens, « ce qui lui a permis d'éviter ce que d'autres pays européens n'ont pas réussi à faire ». « Au cours des dernières élections en Europe, nous avons pu constater la montée des courants de droite contre laquelle nous avions mis en garde en 2014 », a affirmé Gebran Bassil, rappelant dans le même temps qu'un référendum organisé en Hongrie « avait montré que 98 % de la population locale était contre l'afflux non réglementé de réfugiés, contre lequel le Liban n'avait pas pu se protéger ».
Après avoir expliqué que le Liban fait face à deux genres d'exode, « l'un motivé par des considérations humanitaires et l'autre pour des raisons économiques », M. Bassil a fait état d'une bienveillance libanaise absolue dans la gestion du dossier des réfugiés. « Nous leur avons ouvert nos maisons et nos cœurs, sans barrières, au point que tout leur est devenu permis. Nous ne faisons même pas montre de fermeté avec les fauteurs de troubles, pour préserver notre pays au moment où la Hongrie a pris, dans ce but, toutes les mesures qu'il faut, en fermant ses frontières (aux réfugiés) et en protégeant sa société, a-t-il soutenu. Elle n'a pas été affectée par les mouvements d'exode comparée à d'autres pays qui ont souffert énormément de ce flux et dont la cohésion démographique et sociale commence à s'ébranler. »
M. Bassil est revenu à la charge sur la question, au terme d'un entretien avec le ministre hongrois du Commerce, Péter Szijjártó, rappelant que la politique suivie par Budapest, « quoique contestée en Europe et au sein de la communauté internationale, lui a permis de protéger son identité et ses terres et a assuré la stabilité à sa population ». Selon lui, « si les États appliquent une politique qui consiste à préserver la diversité au sein de leurs sociétés respectives, sans encourager leurs composantes à abandonner leurs terres pour s'intégrer dans d'autres sociétés, ils favoriseraient ainsi la stabilité ». À son avis, les mouvements massifs de population sont des vecteurs d'instabilité.

Deux ministres, deux approches et deux discours différents par rapport au dossier des réfugiés syriens. Au moment où le ministre de l'Information, Melhem Riachi, insistait sur les dangers d'une exacerbation du ressentiment à l'égard des déplacés syriens, son collègue des Affaires étrangères, Gebran Bassil, mettait l'accent sur les effets négatifs de leur exode sur la cohésion démographique et sociale dans les pays hôtes.S'exprimant à l'ouverture d'un atelier de travail destiné aux journalistes, sur la couverture des dossiers liés aux réfugiés, organisé par son ministère en coopération avec le HCR, M. Riachi a mis l'accent sur l'importance d'une « information positive ». « Il ne s'agit pas de dissimuler des vérités ou d'aller à l'encontre de l'objectivité. Loin de là. Ce qu'il faut, c'est s'abstenir de...
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