X

Sport

La révolution selon Sebastian Coe...

Athlétisme
OLJ
12/10/2017 | 00h00

Créer de nouveaux formats de course, revoir le calendrier, s'inspirer du foot pour une Ligue de diamant « nouvelle génération » : le président de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF), Sebastian Coe, prône une transformation en profondeur de l'athlétisme, malmené par la corruption et les affaires de dopage et orphelin d'Usain Bolt.
Fin 2016, l'ancien double champion olympique du 1 500 m avait lancé un vaste chantier de réformes (création d'une unité indépendante chargée des questions de dopage et d'intégrité, limitation des mandats du président à 12 ans, parité...) pour tenter de redorer le blason d'une institution en pleine crise, depuis 2015, après les révélations sur un dopage institutionnalisé en Russie et l'existence d'un système de corruption au sein de l'IAAF. Désormais, il veut s'attaquer au volet sportif pour remodeler entièrement l'architecture des épreuves.
« Les deux premières années de ma présidence ont été consacrées à sécuriser la maison, il fallait panser les plaies », a expliqué lord Coe (61 ans), élu à la tête de l'IAAF en 2015, lors d'un entretien effectué à l'issue du congrès de la Confédération africaine, à Rabat au Maroc, lundi et mardi. « Les deux prochaines années, dit-il, doivent être articulées autour de trois ou quatre priorités, dont certaines doivent être mises en place d'ici à la fin de l'année : rendre le calendrier plus lisible, repenser l'essence même des meetings d'un jour, élaborer une Ligue de diamant ''nouvelle génération'', augmenter les revenus. » « Nous sommes dans un business du divertissement et nous devons en tenir compte, 75 % des fédérations veulent le changement et se préoccupent de la manière dont on présente notre sport, poursuit le dirigeant, dans les stades, à la télévision et sur internet. » Et s'il dit vouloir « préserver la philosophie » de l'athlétisme, premier sport olympique, son projet s'apparente tout de même à une « révolution », selon ses propres termes.

Un 300 m à Stamford Bridge ?
« Il faut laisser faire notre imagination et avoir une discussion ouverte sur ce que doit être le futur. Tout ne doit pas reposer sur les meetings d'un jour. Cela passera peut-être par des compétitions entre villes, des franchises avec des enchères pour les athlètes, comme en IPL (Indian Premier League de football), ou des recrutements. Pourquoi pas des pistes démontables (pop-up tracks), des courses de 300 m que l'on pourrait organiser au milieu de la pelouse d'un stade de football, à Stamford Bridge ou en Australie, ou des épreuves dans les rues. Il faut amener l'athlétisme là où est le public », a-t-il affirmé.
Pour mener à bien ce vaste chantier, l'ex-patron du comité d'organisation des JO 2012 à Londres souhaite mettre en place « une étude stratégique qui permettra, d'ici aux JO 2020 de Tokyo, de savoir à quoi ressemblera l'athlétisme durant les 30 à 40 prochaines années ».
Coe n'hésite pas à prendre le football comme exemple. « Quand vous allez en début de saison à Monaco pour le tirage au sort de la Ligue des champions, à ce moment précis, vous commencez à commercialiser et à promouvoir la finale du mois de mai », a-t-il indiqué. « On n'a pas cette structure dans notre sport. Tous les meilleurs athlètes ne participent pas à la Ligue de diamant, certains ne font qu'une ou deux apparitions par an, dit-il. Est-ce que c'est ça une Ligue ? En Premier League anglaise, je regarde Chelsea avec Eden Hazard et N'golo Kanté et je sais qu'ils joueront toutes les semaines, et contre qui. Si, en revanche, je regarde la Ligue de diamant, ça je ne le sais pas. Il nous faut un calendrier coordonné, que tout le monde puisse comprendre, les athlètes, les médias et les fédérations. »
Même la longueur des Mondiaux, principal événement organisé par l'IAAF, n'est pas un sujet tabou pour Sebastian Coe. « Dix jours de Mondiaux, est-ce que c'est la durée idéale pour un tel événement ? Londres 2017 fut un grand succès, mais on aurait peut-être pu le faire de façon plus rapide », a-t-il lancé.

L'exemple de Bosse
Pour le Britannique, les athlètes doivent aussi contribuer à leur manière au changement alors que l'athlétisme se cherche de nouvelles têtes d'affiche depuis la retraite de la légende du sprint Usain Bolt, à l'issue des Mondiaux de Londres en août. « Ils doivent comprendre que l'éclat de notre sport ne se réduit pas à leur capacité à battre des records ou à gagner des titres olympiques », a-t-il jugé. « Ils doivent intéresser le public, avoir une opinion. Je veux qu'ils aient de la personnalité, assure Coe. Regardez Pierre-Ambroise Bosse (le champion du monde français du 800 m), ses conférences de presse sont intéressantes. Parfois, je le regarde et je me dis : "Vraiment ?" Mais j'ai envie de voir ça. Les athlètes doivent être accessibles. »
Source : AFP

Retour à la page "Sport"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les signatures du jour

L’édito de Ziyad MAKHOUL

Dabké avec Bachir

Commentaire de Scarlett HADDAD

Retour sur un passé douloureux...

Le Journal en PDF

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

X
Déjà abonné ? Identifiez-vous
Vous lisez 1 de vos 10 articles gratuits par mois.

Pour la défense de toutes les libertés.