Nos Lecteurs ont la Parole

Gouvernement de façade vs gouvernement de parade

Ronald BARAKAT
OLJ
12/10/2017

« Une visite qui n'a pas obtenu le consensus au sein du gouvernement se fait à titre personnel », affirme une source proche du Grand Sérail à L'OLJ.
Mais « eux », ils disent qu'ils y vont à titre officiel, faisant un pied de nez à la source et à la fontaine du Grand Sérail. Cette source proche du « gouvernement de façade » peut affirmer ce qu'elle veut ; celle proche du « gouvernement de parade » confirme que « ses » ministres vont en leur qualité officielle, en dépit des protestations (fort timides) du gouvernement de façade. Le chef du gouvernement en est à la seconde couleuvre avalée en un temps record. En effet, la visite des ministres pro-Assad à Damas, contre le gré du Premier ministre, vient remettre définitivement les pendules à l'heure de la tutelle, iranienne cette fois-ci.
Et que font les « souverainistes » du gouvernement de façade face au gouvernement de parade ? Futur et FL en tête ? Ils disent ce qu'il convient de dire, pour la forme, malgré certains « écarts de langage », inhabituels – écarts de complaisance –, selon lesquels l'opération de Ersal a des « conséquences positives », ce qui vient apporter de l'eau au moulin des meuniers qui prétendent que Samir Geagea se prête déjà à des accommodements et des compromissions à des fins « présidentielles ». Le sortilège exercé par ce « fauteuil » aurait-il fini par monter à la tête du parti FL et par forcer sa résistance ? Ce « fauteuil roulant » présidentiel serait-il arrivé à Meerab pour envoûter celui qui s'est laissé emprisonner onze ans ? J'ai peine à croire à un fléchissement à ce niveau, après tout ce crédit et tous ces sacrifices.
Nous avions applaudi à la réconciliation des deux grands partis chrétiens dans l'espoir que « l'éclairé » attirera à lui « l'égaré », et pas l'inverse ! Cela sans compter le clientélisme politique qui pue à plein nez, et plus que jamais. Le « fromagisme » a gagné à sa table de nouveaux convives qui ont fini par prendre goût à cette marque de fromage frelaté. Ils s'aiguisent mutuellement les couteaux, les adversaires d'hier, pour partager le « butin », nous découper en rondelles et bouffer le pays. Et nous qui sommes là (et las) à les regarder faire, ou défaire.
Après cette avanie administrée par le « gouvernement de parade » au « gouvernement de façade », le Premier ministre (jusqu'à preuve du contraire) et le Conseil réuni devraient lever la couverture politique et prendre des mesures à l'encontre des ministres frondeurs qui vont parader officiellement à Damas, après l'avoir fait militairement à Beyrouth et à Damas. Ou remettre leur démission ! Car dans aucun pays au monde, fût-il démocratique, théocratique ou autocratique, des ministres agissent à leur tête, officiellement ou officieusement, sans l'assentiment du Premier ministre et du Conseil des ministres. On ne l'observe même pas dans les républiques bananières ! Sous quelle république évoluons-nous, donc, si l'emploi de ce verbe est approprié en ces temps « involutifs » ? Où sommes-nous ? Ou plutôt QUI sommes-nous pour permettre à notre État de se laisser phagocyter par un mini-État à l'agenda iranien ? Sommes-nous tous des suiveurs, des béni-oui-oui ? Nous ne l'étions pas, pour la plupart, un certain 14 mars 2005. Nous étions un peuple qui avait dit non à la tutelle, non à l'occupant, non aux armes illégales. Or il est temps pour ce peuple de se réveiller et de redire non à une autre forme de tutelle et d'occupation, et aux mêmes armes illégales qui veulent nous revisser dans l'Axe de la mort.
Il est temps de former un nouveau front de résistance avec les têtes d'affiche encore intactes (Souhaid, Rifi, Samy Gemayel, etc.), les partis politiques encore épargnés (Kataëb, PNL, etc.) et les forces vives des organisations civiles afin de raviver l'atmosphère souverainiste d'antan. Les endormis, somnambules, comateux, hypnotisés et rêveurs de grandeur ou de jours meilleurs pourraient se réveiller et suivre le courant.
On me conseille – et je me conseille – de ne pas me mêler de politique et de rester « au Ciel ». Je m'efforce de le faire, mais le problème est que j'ai encore un pied sur cette terre qui risque de se dérober et m'aspirer vers le bas avant que je ne puisse prendre mon envol définitif. À moins de me trouver, ailleurs, un sol plus ferme. De plus, j'ai encore un travail d'évangélisation à accomplir ici. La tâche sera encore plus ardue si on laisse le Mal se répandre et faire de nouveaux adeptes.

 

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