La Dernière

Sporting mon amour

Photographie

Pour Laya Rahman, le Sporting Club, synonyme d'une magnifique liberté, a été le beau prétexte d'un livre intitulé « Sporting, a bohemian journey ». La signature, qui aura lieu demain jeudi à partir de 18 heures à Saifi Village, sera accompagnée d'une exposition de quelques photos, morceaux choisis, jusqu'au 14 octobre.

11/10/2017

Chacun y est attaché pour des raisons à la fois personnelles et communes. C'est un lieu hypnotisant. Un plaisir savouré au gré des saisons, des heures de la journée, dans une sensualité et un passé rafraîchissants. Ce magnifique espace que les habitués occupent sans complexe, sans retenue, a des couleurs, jaune, bleu, blanc, ponctuées de rouille qui, par endroits, rappelle le passage du temps depuis sa création en 1954. Il a des rituels, des « résidents » et des visiteurs, des pêcheurs, des plongeurs, des paysages, des vues sur mer(s).

« Un endroit aussi mythique que d'autres plages, mais qui existe encore », souligne Laya Rahman, auteur de Sporting, a bohemian journey. Un lieu imbibé de nostalgie, presque intact, même si, murmurent ses fidèles, de petits réaménagements n'altéreraient rien à son charme. « Le fait qu'il reste inchangé n'est pas la raison pour laquelle j'ai fait ce livre, ni l'âme des gens », précise Laya Rahman, une longue et centième cigarette au bout de ses mots. « C'est la vibration des murs, le fait qu'ils soient décrépis et que tout le monde s'en foute ! On dirait qu'ils sont à Saint-Tropez... ». Le choix de l'auteur est clairement visible. Pas de place pour la nostalgie dans ce joyeux étalage de corps, de personnages, acteurs sans le savoir d'une scène qu'ils aiment occuper sans se gêner, sans être gênés ou gêner, toute l'année. Des ombres qui s'alignent parfaitement, sous le soleil exactement, à midi ou 19 heures, et dans l'exceptionnelle lumière du Sporting, séduits par une atmosphère qu'on ne trouve nulle part ailleurs. « J'ai aimé cette luminosité épatante qui, photographiquement, est assez intéressante, confirme l'auteur.

Esthétiquement, l'endroit est captivant, même si un peu laissé à l'abandon. Les gens m'ont passionnée. J'ai été attirée par eux et par cet espace de liberté et de confort dans lequel ils se trouvent. Toutes ces personnes qui viennent l'habiter, y manger, boire, se prélasser, sont bien dans leur peau, au naturel, abandonnées. Un décor pareil, c'est le paradis pour un photographe ! » Comment en effet rester indifférent à cette exceptionnelle vue sur la Grotte aux pigeons, aux piscines qui creusent leurs sillons dans un sol baigné de soleil. À tous ces détails qui composent son paysage : les murs blancs salis, éclaboussés, les pieds suspendus dans le vide, le maître-nageur qui a croisé politiciens déchus ou disparus, les coins particuliers qui ont vu passer la guerre, des générations de nageurs, des ruptures, des réconciliations et des solitudes. « La situation géographique du Sporting, son exposition, les vagues, l'eau le rendent esthétiquement parfait. Et le fait que l'on puisse y passer à travers les saison : c'est le seul club qui ouvre été comme hiver. »

 

Sporting hors cadre
Tout ce que cette femme à l'allure un peu glamour, un peu star, même en jean, est, et tout ce qu'elle aime se trouve dans ce livre de presque 260 pages. Pas de longues histoires mais de courts récits avec une pointe d'humour qui la concernent et concernent ce coup de soleil au cœur qu'elle a eu pour le centre balnéaire. Ainsi qu'une interview informelle de deux des trois gérants de l'endroit, Walid Abou Nassar et Ralph Shray, qui sont un peu la mémoire des lieux.

Après la France où elle a vécu une grande partie de sa vie, après l'économie, bref passage, le droit, plus bref encore, elle a rêvé d'être actrice, étudié puis abandonné l'idée, plongé dans la photo, exposé en France et au Liban des photos de rue, des nus, sa manière de « toucher à l'humain », réalisé deux courts-métrages, créé des chaussures pour femme sous le label Cindy Glass, Laya Rahman a été pendant deux ans « l'intruse qui s'y pointait régulièrement ». « Je me cachais derrière les murs, avoue-t-elle, pour ne pas déranger. » Son année sabbatique qui aura duré... 4 ans lui donne des envies, dont celle de capter des images pour en faire une exposition. Le projet de les réunir dans un livre viendra plus tard. « Au début, je voulais que la narration soit saisonnière. Et décrive ses cycles ininterrompus. Puis j'ai senti que c'était trop figé. J'ai voulu faire exploser tout ça. Quand on va au Sporting, c'est un voyage libre et bohème. »

L'accrochage, une trentaine de photos de formats différents et la signature de l'ouvrage, n'auront pas lieu, comme expected, là-bas. « Je ne voulais pas être latérale, précise Laya Rahman. Mais proposer le Sporting hors cadre. » Rendez-vous donc à Saïfi, dans l'ancienne boutique de Johnny Farah, les 12, 13 et 14 octobre, pour s'immerger dans une ambiance particulière où l'on vient, depuis des années, comme on est. Gros ou mince, heureux ou triste, seul ou accompagné. Libre.

 

 

Pour mémoire

« At My Feet », Alice au pays des chaussures

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Antoine Sabbagha

En 1950 de Hammam kamar ou l’entrée pour enfants et femmes était gratuite au Sporting Club pour un nouveau gérant qui le loua et le temps passa si beau malgré les litiges toujours concernant le droit d’exploitation , le Sporting par son emplacement reste si beau .

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