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La « French Touch » de Carla Bruni

Pendant ce temps, ailleurs...
OLJ
06/10/2017

L'italien est sa langue maternelle, le français sa langue du quotidien et l'anglais celle qu'elle a choisie pour son dernier album, French Touch. Après quatre ans d'absence, Carla Bruni revient pour charmer le public anglophone avec des reprises d'AC/DC, des Clash ou encore des Rolling Stones.
« L'anglais a un rythme et un tempo que n'ont pas les langues latines. C'est la langue naturelle pour chanter », estime la chanteuse de 49 ans, attablée à la terrasse d'un boutique-hôtel à Manhattan. En 2007, Carla Bruni avait déjà chanté dans la langue de Shakespeare, dans son deuxième opus, No Promises, qui contenait des poèmes mis en musique. Son quatrième album studio, qui sort aujourd'hui, « ne répond pas à une logique précise. J'ai fait toutes ces reprises dans la bonne humeur et également avec une grande modestie », souffle l'ancienne top-modèle.
Pour French Touch, Carla Bruni s'est entourée du producteur canadien David Foster, à l'origine de nombreux succès d'artistes comme Céline Dion, le groupe Chicago ou encore le chanteur italien Andrea Bocelli. De politique, il n'est guère question dans son disque, sauf très à la marge. Quand elle reprend le tube Enjoy the Silence de Depeche Mode, l'ancienne Première dame française dit espérer plus de calme dans un monde chaotique, sans plus de référence à l'actualité. Elle livre surtout une version plus intime que le style électronique de l'originale, jouant à plein de sa voix légèrement voilée. D'autres reprises incluent Jimmy Jazz, un classique du groupe britannique The Clash, que Carla Bruni dit avoir voulu orienter « dans une direction féminine ».
Au rayon des surprises : le goût de Carla Bruni pour la musique country, très populaire aux États-Unis. L'interprète de Quelqu'un m'a dit apporte une sensualité au Crazy de Patsy Cline, un classique du genre. « Pour moi, la country, c'est le blues blanc », confie-t-elle.

La chanson d'une fille amoureuse
Quand elle reprend Stand By Your Man de Tammy Wynette, tube de 1968 vendu à plus de deux millions d'exemplaires, mais controversé pour son incitation à pardonner à son mari ou à son fiancé car « après tout, ce n'est qu'un homme », elle se revendique féministe. Les paroles de cette chanson – « Sois fière de lui/Après tout, il n'est qu'un homme » – avaient été interprétées comme une acceptation des défauts masculins et une vision passéiste du rôle des femmes. Ce qui avait fait enrager les féministes. « C'est simplement la chanson d'une fille amoureuse », a relativisé Carla Bruni, qui a fêté cette année ses dix ans de mariage avec son « Raymond », alias l'ancien président français Nicolas Sarkozy. « Si un homme la chantait, ce serait un peu macho, mais là, il s'agit d'une femme, donc c'est son choix », persiste-t-elle.
Stand By Your Man s'était invitée dans la campagne présidentielle de 1992 aux États-Unis. Tout en soutenant publiquement son mari Bill, cible d'accusations d'adultère, Hillary Clinton s'était défendue d'être « ce genre de femme comme Tammy Wynette », avant de s'excuser ensuite.
« Je suis tout à fait féministe, mais je trouve cette chanson cool. Je crois qu'on peut soutenir son mari et être féministe. Je ne vois pas de contradiction », estime la chanteuse, laissant derrière elle de précédentes déclarations qui avaient attiré les foudres des féministes. Dans une interview réalisée au moment où elle quittait l'Élysée, Carla Bruni avait déclaré que les femmes de sa génération n'avaient pas « besoin d'être féministes ». « Le féminisme était un combat – et c'est toujours un combat important –, mais ça ne signifie pas qu'on ne peut pas être mariée et heureuse avec un homme », avait-elle dit dans cette interview.
Shaun TANDON/AFP

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