Le ministre de la Justice, Salim Jreissati, a signé hier le projet de décret des nominations judiciaires, tel que transmis par le Conseil supérieur de la magistrature. Le CSM avait établi mardi, au terme d'une réunion nocturne, le projet de permutations et de nominations judiciaires. Le décret doit être signé également par le président de la République Michel Aoun, le Premier ministre Saad Hariri, le ministre des Finances Ali Hassan Khalil et le ministre de la Défense Yaacoub Sarraf.
À l'issue d'une visite rendue au ministre de la Justice par les nouveaux magistrats, M. Jreissati a félicité les 21 nouveaux juges qui ont prêté serment hier devant le président du Conseil supérieur de la magistrature Jean Fahd. Le ministre de la Justice a incité les nouveaux juges « à travailler et à suivre le modèle de leur direction, de la présidente et du directeur de l'Institut des études judiciaires et à être à la hauteur de leur mission ».
Le juge Fahd s'est lui aussi adressé aux nouveaux juges : « Vous faites désormais partie intégrante du pouvoir judiciaire, principal pilier de l'État de droit. » Il les a également appelés à mettre de côté toutes leurs appartenances et leurs engagements qui contredisent le principe de l'indépendance.
« Loin d'être un bon signe... »
Ces nominations semblent avoir eu lieu sur fond de tension latente entre les Forces libanaises et le Courant patriotique libre, selon l'agence al-Markaziya. Le ministre de l'Information Melhem Riachi se serait rendu hier au palais de Baabda pour une réunion avec le président de la République. Il a évoqué le mécontentement des FL concernant la part qui leur a été réservée dans les nominations judiciaires, toujours selon la même source.
En réponse aux reproches lancés par les FL en direction du CPL, l'ancien ministre aouniste Chakib Cortbaoui a affirmé qu'« il vaudrait mieux se méfier de ce genre de propos qui signifieraient que les juges du Liban sont devenus partisans et que ce serait signe d'un grand problème ». M. Cortbaoui s'est en outre félicité de la signature du décret des nominations judiciaires.
De son côté, le député Boutros Harb a estimé hier que « le rôle joué par le ministre de la Justice Salim Jreissati dans l'imposition de certains noms sur la liste des nominations a été plus important que celui du CSM, ce qui est loin d'être bon signe ». Il a également déploré « le fait que les nominations ont été faites à la lumière des prochaines élections législatives, dans le but d'utiliser le pouvoir judiciaire et de le transformer en un instrument entre les mains des parties au pouvoir ».


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