Le Conseil des évêques maronites a tenu sa réunion mensuelle sous la présidence du patriarche Béchara Raï.
Réunis hier à Bkerké sous la présidence du patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, le Conseil des évêques maronites a abordé une série de questions d'actualité, notamment le dossier de l'échelle des salaires dans le secteur public et celui des réfugiés syriens.
Sur cette dernière question, il a pris pour point de départ l'odieux crime de Miziara où un concierge syrien avait violé et tué, la semaine dernière, la fille de ses employeurs. Les prélats ont réclamé à ce sujet le retour des déplacés syriens dans leur pays. Sans nommer directement ces derniers, ils ont souligné l'implication des déplacés dans un « nombre non négligeable de crimes » au Liban. « Les prélats stigmatisent le retour de la série de crimes, alors que les Libanais étaient tranquilles parce que la sécurité était assurée et que l'État avait commencé à établir son autorité. Ils regrettent qu'une partie non négligeable de ces crimes soit le fait de ceux qui avaient été contraints d'abandonner leurs terres et leurs foyers parce qu'ils étaient eux-mêmes victimes des violences qui se poursuivent chez eux. Ce faisant, ces individus font preuve d'ingratitude face à l'hospitalité dont ils ont bénéficié et favorisent dans le même temps une montée de la haine contre leurs patriotes innocents, qui, comme eux, avaient quitté leur terre pour trouver refuge dans un pays où leur vie et leur dignité sont préservées », ont affirmé les prélats avant d'appeler les autorités à faire preuve de fermeté face à ces crimes « pour éviter une contre-violence qui risque de mettre en danger la sécurité ».
Les évêques ont ensuite appelé les autorités politiques libanaises et internationales à « n'épargner aucun effort pour accélérer le retour des déplacés syriens chez eux ». « Cela représente pour eux un droit naturel qui leur permettra de contribuer à la reconstruction de leur pays, tout en allégeant le fardeau qui pèse sur le Liban », ont-ils suggéré en faisant observer que « les développements en Syrie font qu'aujourd'hui il existe de nombreuses régions sûres qui peuvent accueillir ces déplacés de manière digne, en attendant une paix globale dans le pays ».
Les scolarités
Le Conseil des évêques maronites s'est penché par ailleurs sur l'invalidation par le Conseil constitutionnel de la loi relative au financement de la nouvelle échelle des salaires dans le secteur public et sur la polémique autour de l'application et du financement de cette grille, notamment entre les directions des écoles privées et les comités des parents d'élèves. Les prélats ont déploré que l'État « ait mis en vis-à-vis ces derniers, alors qu'ils forment une même entité pédagogique ». Soulignant « l'apport des écoles catholiques au développement de l'enseignement au Liban », le Conseil des évêques a appelé les autorités à soutenir ces écoles, demandant à l'État de payer lui-même la majoration décidée pour éviter un relèvement des frais de scolarité.
Les prélats ont affirmé avoir vu dans la décision du Conseil constitutionnel d'invalider la loi sur le financement de la grille des salaires « un pas en avant au niveau du fonctionnement des institutions ». « Cette décision montre qu'il est nécessaire pour l'État de se conformer au texte et à l'esprit de la Constitution, et de s'approfondir dans la lecture de la Constitution et des lois pour que la législation soit en permanence dans l'intérêt des Libanais », ont souligné les prélats, en soutenant que ce point de vue « s'applique à tout ce qui touche au bien public pour que les Libanais ne sentent pas que l'autorité politique les opprime alors qu'elle doit être à leur service ». Les évêques ont étayé leurs propos d'exemples qui illustrent que l'État a mal géré, selon eux, des dossiers qui intéressent directement la population, comme « le fait d'insister pour faire passer les câbles à haute tension au-dessus des immeubles et des écoles à Mansourieh et Aïn Saadé, en dépit des risques pour la santé, de négliger la production agricole et industrielle locale, de permettre à des personnes influentes de ne pas exécuter des jugements de la justice ou de protéger ceux qui se sont approprié des terrains appartenant à autrui ».


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