Après quelques jours d'accalmie, l'exode des Rohingyas vers le Bangladesh a repris à grande échelle ces derniers jours, principalement en raison du manque de nourriture dans l'ouest de la Birmanie, où la souffrance est « inimaginable » selon l'ONU. Plus de 507 000 membres de cette minorité musulmane ont déjà passé la frontière pour fuir une campagne de répression de l'armée birmane, consécutive à des attaques de la rébellion rohingya. Cela représente la moitié de cette communauté apatride d'un million de personnes, installée en Birmanie depuis des décennies mais victime, d'après l'ONU, d'une « épuration ethnique ».
Quotidiennement, des dizaines de petites embarcations, dont de nombreux bateaux de pêche, arrivent au Bangladesh, avec à leur bord des réfugiés rohingyas, raconte Fazlul Haq, élu bangladais de Shah Porir Dwip, petit village de pêcheurs à l'embouchure du fleuve Naf, qui sert de frontière naturelle entre les deux pays. « Quelque 4 000 à 5 000 Rohingyas arrivent tous les jours », complète Ariful Islam, garde-côte bangladais. Du côté birman, plus de 10 000 Rohingyas se sont rassemblés à un point de passage avec le Bangladesh, ont annoncé hier les médias birmans. « Beaucoup fuient actuellement à cause du manque de nourriture et de la peur. Il n'y a plus rien à manger dans certaines zones », explique Chris Lewa, de l'Arakan Project, une organisation de défense des droits des Rohingyas. « La plupart ne survivent que grâce à leurs récoltes, mais ces dernières semaines ils n'osent plus se rendre dans leurs champs, car ils doivent passer près des villages bouddhistes », ajoute-t-elle.
Source : AFP

