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Beirut Design Fair an I : une bonne initiative, qui devra faire ses preuves

Événement

La toute première foire du design a ouvert ses portes hier au BIEL, où elle réunit durant quatre jours le meilleur de la production mobilière libanaise.

21/09/2017

« Une plate-forme d'exposition de l'exceptionnel potentiel du design libanais à travers ses meilleurs représentants, établis ou émergents » : voilà l'objectif de cet événement initié par Hala Moubarak, architecte et journaliste, et Guillaume Taslé d'Héliand, journaliste et organisateur d'événementiel.

Tout comme sa sœur aînée (la Beirut Art Fair), la Beirut Design Fair prend ses quartiers au BIEL (Hall 3) du 20 au 24 septembre. Dans un pavillon mitoyen à celui consacré à l'art, mais totalement indépendant, elle déroule sur près de 2 000 m² une belle sélection de meubles et d'objets illustrant la créativité contemporaine libanaise. La scénographie de l'espace (conçue par le studio français Adrien Gardère, qui a signé entre autres la muséographie du Louvre Lens), inspirée du maillage urbain beyrouthin, mélange harmonieusement stands de designers établis et spot-on de jeunes talents.

En parcourant les allées du Hall 3, les amateurs de design libanais reconnaîtront, entre autres, certaines pièces maîtresses de Georges Mohasseb (le banc galet), du duo David et Nicolas (la série des Loulou/Houda), de Carla Baz (luminaires et bancs), de Marie Munier (appliques lumineuses et murales inspirées de ses bijoux), des conceptions du couple Sayar & Garibeh, de Rami Boutros ou encore de l'Atelier Namika... Mais dans le sillon de ces créateurs déjà reconnus, de nouveaux noms sont en train d'émerger (à l'instar de Fadi Sarieddine, Samer Saadé, le collectif Albi, Céline et Tatiana Stephan, Ahmad Khouja, Paola Sakr ou encore Nada Rizk...), que ce salon veut contribuer à faire découvrir et promouvoir au-delà même de la scène locale.

Une Beirut Design Fair qui démarre donc en trombe et avec de grandes ambitions... Certes, présenter 44 exposants n'est pas en soi un accomplissement, mais pour une toute première édition exclusivement dédiée aux designers, galeries et studios libanais, le nombre est acceptable. Le pays est petit et la sélection – faite par un comité comprenant, notamment, les célèbres architectes et designers India Mahdavi et Aline Asmar de Amman, aux côtés de Marc Baroud, directeur du département design de l'ALBA, et de Marianne Brabant, du Musée des arts décoratifs en France – a été assez rigoureuse.

 

(Lire aussi : « Beyrouth a tous les moyens pour devenir une capitale du design »)

 

 

Missions et questions
« C'est une foire qui potentiellement devrait avoir, une fois arrivée à maturité, entre 70 et 80 exposants », estime Guillaume Taslé d'Héliand. « Sur les 67 candidatures reçues cette première année, nous avons retenu celles qui répondaient aux critères du vrai design. Pour qu'il soit sélectionné, il fallait que l'objet soit conceptuellement réfléchi, qu'il y ait quelque chose de nouveau dans l'exécution, la finition ou encore au niveau de l'intervention de la technologie qui joue désormais un très grand rôle. Nous exposons, d'ailleurs, la plus grande machine imprimante 3D de la région, celle de Beirut Makers, qui va reproduire, au cours de cette foire, une chaise par jour », signalent les cofondateurs.

Dominé par les deux principales galeries éditrices de design, la Joy Mardini Design Gallery et Carwan, ce salon propose un large panel de styles, de créativité et de savoir-faire de haut vol made in Lebanon. Au-delà de son rôle de vitrine, il se voudrait aussi catalyseur de collaborations entre ces créateurs, concepteurs ou encore artisans qui se retrouvent ainsi réunis pendant cinq jours.

Par ailleurs, outre les conférences, tables rondes et rencontres d'architectes, galeristes et designers (italiens, notamment) programmées tout au long de ces quatre jours, la présence du salon Maison & Objet est signalée. La célèbre foire parisienne est venue, non pas en tant qu'exposant, mais pour rencontrer la communauté du design et de l'art de vivre au Liban. « Une rencontre qui a déjà porté ses fruits, puisque un pavillon sera réservé aux designers libanais dans sa prochaine édition de septembre 2018 », révèle fièrement Hala Moubarak. « Évidemment, ce n'est là qu'une saison de lancement qui vise à mettre en lumière la présence d'un design libanais de grande qualité. Le but est aussi d'amener au cours des prochaines saisons une participation internationale », soulignent les organisateurs.

Tout cela peut-il suffire à concurrencer les Dubai Design Fair et Week, qui ont déjà une petite longueur d'avance ? « Il y a une scène créative au Liban d'une densité exceptionnelle, soutenue par un savoir-faire artisanal ancestral. Nous avons aussi un public d'amateurs, de connaisseurs et d'acheteurs de design au niveau culturel qui n'a pas d'équivalent dans tout le Moyen-Orient. Tout cela fait de Beyrouth la capitale naturelle du design dans la région », martèle Taslé d'Héliand.

Mettre en lumière la qualité de l'artisanat au Liban et la promouvoir auprès des jeunes pour les inciter à reprendre le flambeau et perpétuer ce savoir-faire, mais aussi pousser, à travers un partenariat avec l'Association libanaise des industriels, à développer des entreprises de production de masse, et contribuer à sortir les créateurs libanais du design d'édition et de la production à l'étranger, et les encourager à produire au Liban : la Beirut Design Fair se donne beaucoup de missions. Aura-t-elle le souffle et les moyens de son ambition ?

Rendez-vous dans trois à cinq ans...

 

 

Pour mémoire

La foire artistique de Beyrouth, entre talents jeunes et collectionneurs vétérans

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