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Samy Gemayel stigmatise « un comportement mafieux » du pouvoir

Le chef des Kataëb crie au scandale dans l'affaire des cartes magnétiques et de l'électricité.

Samy Gemayel, hier, lors de sa conférence de presse. Photo Kataëb

Le chef des Kataëb, Samy Gemayel, s'en est violemment pris au gouvernement hier, dénonçant, en des termes très virulents, sa gestion des affaires du pays et appelant les Libanais à ne plus garder le silence devant ce qu'il a appelé « un comportement mafieux ».
Au cours d'une conférence de presse qu'il a tenue hier, Samy Gemayel a d'emblée estimé que la situation qui prévaut dans le pays « ne peut plus durer ». « Nous avons le sentiment que le Liban a perdu sa souveraineté et renoncé à son pouvoir de décision, comme l'a montré la guerre des jurds », a-t-il accusé, avant de s'arrêter sur le dossier des législatives. Pour lui, un report du scrutin partiel est inacceptable quelles qu'en soient les excuses. « Le ministre (de l'Intérieur) a prétexté un manque d'enthousiasme (...) Est-il possible qu'on n'applique pas la Constitution à cause d'un manque d'enthousiasme », s'est exclamé le chef des Kataëb qui a mis en garde contre « un coup porté au droit du citoyen à l'autodétermination ».
Samy Gemayel a en outre critiqué la composition de la commission chargée de surveiller les élections « laquelle est constituée, selon le ministre de l'Intérieur, de représentants de tous les partis au pouvoir », contestant sa « neutralité et son autonomie ». Il s'est arrêté sur le débat autour de la carte biométrique et a jugé « scandaleux » le chiffre avancé pour son impression, à savoir 120 millions de dollars. « C'est une blague, non ? On veut en adjuger aussi l'impression sans appel d'offres ? C'est une autre blague, non ? » s'est offusqué le chef des Kataëb pour qui l'objectif du recours à la carte biométrique est double : « Soit on veut torpiller l'organisation des élections, soit on s'apprête à conclure un nouveau marché. »
Pour lui, une procédure normale commande l'organisation de la partielle sans tarder, le respect des dates pour les législatives, prévues en mai prochain, le recours aux pièces d'identité normale pour le vote.
M. Gemayel a été tout aussi virulent en abordant le dossier de l'électricité, criant de nouveau au scandale. « Vous voulez un appel d'offres taillé à la mesure d'une seule société à laquelle vous souhaitez adjugez l'installation d'un bateau-centrale », a-t-il accusé, s'étonnant de ce que les responsables de cette société, Karadeniz, « publient des communiqués, tiennent des conférences de presse (voir par ailleurs) et nous menacent de poursuites si nous continuons à parler d'elle ». M. Gemayel a dénoncé « une effronterie sans pareil, surtout que la compagnie a invité des journalistes à visiter ses installations, comme si elle était persuadée qu'elle allait remporter l'adjudication ». « Nous souhaitons que l'affaire soit portée devant les tribunaux. D'ailleurs, nous réitérons à l'adresse du président (de la Chambre), Nabih Berry, que nous sommes prêts à renoncer pour cela à notre immunité », a-t-il affirmé. Il a ensuite accusé le pouvoir d'« avoir menti » au sujet d'une gestion des déchets « conforme aux normes internationales ».
M. Gemayel a en outre stigmatisé la manière avec laquelle les autorités se comportent avec les habitants de Mansourieh et de Aïn Saadé qui refusent que des câbles à haute tension soient installés près de leurs habitations. Il a affirmé par ailleurs que son parti s'apprête à proposer des taxes alternatives dès que le Conseil constitutionnel donnera son avis sur le recours en invalidation de la loi relative aux nouvelles taxes, adoptées pour financer la grille des salaires dans le secteur public.
Le chef des Kataëb s'est ensuite adressé à l'opinion publique pour lui demander de réagir « parce que le pays est en train de s'effondrer ». « Le comportement du pouvoir est mafieux dans son ensemble, qu'il s'agisse du torpillage des élections, des questions en rapport avec la souveraineté du pays ou des marchés qui sont conclus. L'opinion publique doit être mobilisée en vue de l'édification d'un État démocratique », a-t-il souligné en conclusion.


Le chef des Kataëb, Samy Gemayel, s'en est violemment pris au gouvernement hier, dénonçant, en des termes très virulents, sa gestion des affaires du pays et appelant les Libanais à ne plus garder le silence devant ce qu'il a appelé « un comportement mafieux ».
Au cours d'une conférence de presse qu'il a tenue hier, Samy Gemayel a d'emblée estimé que la situation qui prévaut...

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