Il existe peu de données scientifiques pour établir quels sont les risques d'une faible consommation d'alcool pendant la grossesse, selon une étude publiée dans la revue britannique BMJ Open, qui estime toutefois que la recommandation « zéro alcool » doit prévaloir, par « principe de précaution ».
« Nous avons trouvé peu d'éléments permettant de prouver un rôle de cause à effet d'une faible consommation d'alcool pendant la grossesse » pour la plupart des problèmes étudiés chez le fœtus ou l'enfant à naître, explique l'équipe de chercheurs britanniques, qui a passé en revue vingt-six études sur le sujet. Les chercheurs ont défini comme relevant d'une « faible consommation » l'ingestion de 32 grammes maximum d'alcool pur par semaine, soit quatre unités d'alcool par semaine telles que définies au Royaume-Uni (environ trois à quatre verres de vin).
Les dangers pour le fœtus ou l'enfant à naître d'une consommation modérée ou forte d'alcool pendant la grossesse, même de façon ponctuelle, sont avérés : fausses couches, naissance prématurée, malformations, retards de croissance et de développement... Mais on ne sait pas définir en deçà de quel seuil la consommation serait sans danger, ni même dire s'il en existe un, ce qui rend difficile l'élaboration de messages de prévention grand public et « crée de la confusion pour les professionnels de santé et les femmes enceintes », estime Loubaba Mamluk, chercheuse en épidémiologie à l'université de Bristol et coauteure de l'étude. « Nous avons été surpris qu'il n'y ait pas plus de recherches sur ce sujet très important », a-t-elle ajouté.
Mais l'absence de preuve en l'état actuel de la recherche ne signifie pas qu'il soit démontré qu'une faible consommation d'alcool est sans danger, disent les auteurs de l'étude. Aussi, le message de prévention doit rester « mieux vaut prévenir que guérir », concluent-ils.
Santé - Femmes
Les effets d’une faible consommation d’alcool pendant la grossesse restent peu connus
OLJ / le 16 septembre 2017 à 00h00

