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Argentine: la France tranchera sur l'extradition d'un tortionnaire présumé le 19 octobre

AFP
14/09/2017

La justice française, chargée de réexaminer la demande d'extradition vers l'Argentine de Mario Sandoval, se prononcera le 19 octobre sur le sort de cet ex-policier mis en cause dans la disparition d'un étudiant pendant la dictature (1976-1983).

L'Argentine soupçonne M. Sandoval d'être mêlé à l'enlèvement et la disparition le 30 octobre 1976 d'Hernan Abriata, étudiant en architecture qui fut détenu à l'École de mécanique de la marine.

Quelque 5.000 personnes passées par le centre de torture tristement célèbre de la dictature argentine ont disparu, souvent jetées depuis des avions dans le Rio de la Plata.

En mai 2014, la cour d'appel de Paris a émis un avis favorable à l'extradition, réclamée par Buenos Aires depuis 2012. Mais en février 2015, la Cour de cassation a refusé de donner son feu vert, pour un motif lié à la prescription des faits.

La cour d'appel de Versailles avait alors été désignée pour se prononcer de nouveau sur cette question.
"La seule manière dont on peut dire qu'une disparition suivie d'une séquestration a pris fin, c'est lorsque la personne réapparaît", que "tout ou une partie de son corps est retrouvée" ou si des "témoins attestent de son décès", a argué l'avocat général Jacques Hossaert.

Or, Hernan Abriata n'a pas reparu ni son corps été retrouvé depuis la fin de la dictature. L'infraction -la séquestration- est par conséquent réputée "continue" et "la prescription" dans ce dossier "toujours pas acquise", a conclu le magistrat, ne s'opposant donc pas à la demande d'extradition.
"Il ne faut pas permettre que la justice française devienne le refuge des grands criminels de la seconde moitié du XXe siècle", a estimé pour sa part Me Sophie Thonon-Wesfreid, qui défend les intérêts de la République d'Argentine. Pour elle, "c'est à la justice argentine de dire si Mario Sandoval a participé à la répression", reprenant elle aussi la thèse du "crime continu".
"Je sais à quel point cette dictature a été terrible", a plaidé Me Bertrand Lampidès, avocat de M. Sandoval. Mais "mon client nie être le Sandoval de l'accusation argentine", a-t-il dit, doutant que celui-ci puisse bénéficier d'un procès équitable dans son pays d'origine.

Exilé en France après la chute de la junte, cet homme de 64 ans a obtenu la nationalité française en 1997, ce qui n'empêche pas son extradition car il n'était pas Français à l'époque des faits.
Si l'Argentine soupçonne M. Sandoval de nombreux faits de meurtres, tortures et séquestrations, le dossier Abriata est cependant le seul sur lequel elle s'appuie pour demander son extradition, car elle dispose d'une dizaine de dépositions qui l'impliquent.

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