La Compagnie de la Baie d'Hudson a retiré de son édifice du centre-ville de Montréal la plaque de bronze commémorative de l'ancien président sudiste Jefferson Davis. La plus vieille des compagnies canadiennes qui a peur de son ombre, c'est la meilleure.
Que voulait la United Daughters of the Confederacy (UDC), un groupe de descendants des combattants sudistes, avec la pose de cette plaque : rendre hommage aux soldats de l'armée des États confédérés. En France, a-t-on fait disparaître les tombes des soldats allemands tombés durant les deux guerres mondiales ? Non. Dans 60 ans, qui sait, d'autres jusqu'au-boutistes réussiront peut-être à faire disparaître la statue de René Lévesque devant l'Assemblée nationale sans susciter la colère des Québécois amnésiques. Pourquoi les Sudistes étaient-ils les bienvenus au Canada à l'époque? Comme nous le rappelle Jean-François Nadeau, du Devoir : « Aux yeux du pouvoir colonial britannique, les États-Unis apparaissent plus faciles à contenir s'ils sont désunis. » C'est ce pragmatisme politique qu'on veut aussi oblitérer.
Cela dit, je félicite tardivement la UDC d'avoir écrit il y a 60 ans son texte commémoratif en français, que voici : « À la mémoire de Jefferson Davis, président des États confédérés, qui séjourna en 1867 au domicile de John Lovell, alors situé au présent emplacement. Plaque érigée en 1957 par la société des United Daughters of the Confederacy. » Quel respect pour les francophones du Québec ! Nos anglos devraient en prendre de la graine !
Montréal (Québec)


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