Le fipronil est interdit au Liban, comme d’ailleurs dans l’Union européenne, pour l’élevage d’animaux destinés à la consommation humaine. Robin Van Lonkhuijsen/AFP
Le Liban figure parmi les pays touchés par le scandale des œufs contaminés au fipronil, un insecticide jugé « modérément dangereux » pour l'homme et décrié pour son rôle dans la surmortalité des abeilles, a révélé, la semaine dernière, l'Union européenne à Bruxelles. « Nous disposons désormais d'indications que cet usage illégal du fipronil avait déjà lieu en 2016 (...). Ceci a commencé, selon ce que l'on sait, en septembre 2016 », a en outre déclaré Sabine Jülicher, directeur général de la sécurité sanitaire de la Commission européenne à Bruxelles à l'AFP.
Le fipronil est un pesticide d'une « dangerosité modérée » pour l'homme, selon l'Organisation mondiale pour la santé, et dont l'usage est interdit au Liban, comme dans l'Union européenne, pour l'élevage d'animaux destinés à la consommation humaine, tels que les poules et leurs œufs. Son recours est en revanche autorisé pour le traitement antiparasitaire des animaux domestiques. Mais les autorités sanitaires européennes ont retrouvé des traces de cet insecticide au-delà des seuils autorisés dans des œufs, ainsi que dans des produits comme des brownies, des muffins ou encore des gaufres.
Selon la Commission européenne, une quarantaine de pays sont concernés, dont 24 États européens et certains pays du Moyen-Orient, notamment le Liban, l'Irak, le Qatar et l'Arabie saoudite. La délégation de l'Union européenne au Liban n'était pas disponible pour de plus amples informations.
Des vérifications en cours
Le ministère libanais de l'Agriculture a en revanche confirmé avoir reçu une liste de produits à risque émanant de l'UE. « Nous sommes en pleines vérifications », assure Élias Ibrahim, responsable au sein du ministère. « Nous avons alerté les douanes et nos propres inspecteurs afin qu'ils redoublent les contrôles sur les cargaisons entrant au port de Tripoli ou de Beyrouth. Nous pensons que les produits touchés – vraisemblablement des œufs sous forme de poudre utilisée dans l'industrie agroalimentaire – ont pu transiter par Beyrouth à destination de la Syrie. À ce jour, cependant, nous n'avons pas d'informations sur une contamination d'œufs (en coquille) ou de viandes destinés à la consommation humaine dans notre pays », dit-il.
Selon les chiffres du ministère, le Liban produit 144 000 œufs par jour (soit près de 52 millions sur une année). « Nous n'avons pas besoin d'importer d'œufs. Le Liban est ici pleinement autosuffisant. En réalité, nous aurions besoin d'exporter », ajoute le responsable du ministère.
« Le scandale des œufs contaminés en Europe cache un problème plus large », fait valoir Alfred Moukarzel, producteur d'œufs et distributeur de matériels agricoles pour l'aviculture au Liban. « Tous les élevages de poules au sol sont concernés par la pandémie des poux rouges. Or seul un traitement chimique – en l'occurrence des insecticides – permet de limiter l'expansion de la population de cet ectoparasite », dit-il.
Selon les douanes, le Liban a importé en 2016 quelque 132 tonnes d'œufs d'oiseaux en coquille, frais, conservés ou cuits pour 614 000 dollars, principalement de Turquie (89 %), de Belgique (10 %) et de France (1 %). Les exportations libanaises dans cette catégorie ont atteint 1,2 million de dollars pour 938 tonnes expédiées vers le Qatar (51 %), l'Irak (33 %) et le Koweït (10 %).
S'agissant des œufs d'oiseaux, dépourvus de leurs coquilles, et de jaunes d'œufs, les importations du Liban se sont élevées à 742 000 dollars sur la même période ; pour 227 tonnes de produits français (76 %), danois (15 %) et belges (4 %). Les exportations libanaises pour cette catégorie de produits sont en revanche marginales, avec seulement 1 tonne pour 8 000 dollars essentiellement en direction du marché angolais.
Le fipronil est un pesticide d'une « dangerosité modérée » pour l'homme, selon l'Organisation mondiale pour la santé, et dont l'usage est interdit au Liban, comme dans l'Union européenne, pour l'élevage d'animaux destinés à la...


ET VOILA ! DANS TOUTES LES DANSES ON Y EST DE PIED FERME...
09 h 16, le 06 septembre 2017