Diaspora

De Copacabana à Dhour Choueir, un conte de fées libano-brésilien

Diaspora

Maria Louisa Alvim Salloum a été élue Miss Émigrés libanais 2017, non sans quelques péripéties.

05/09/2017

Lorsque Maria Louisa Alvim Salloum est entrée, en ce dimanche de carnaval, au restaurant à Copacabana pour choisir une boisson fraîche, elle ne se doutait pas que sa jeune vie allait bientôt basculer. La fête battait son plein à Rio de Janeiro où, le soir-même, commençait le défilé des écoles de samba. Élue deux mois auparavant Miss Goiás, un petit État du Brésil connu pour ses belles femmes et abritant la capitale Brasilia, Maria Louisa, étudiante en psychologie âgée de 22 ans, se trouvait là avec ses amis de Goiânia, venus comme tant d'autres jeunes Brésiliens admirer le défilé.

Le bateau d'un groupe de touristes libanais et français dont le voyage était organisé par RJLiban venait d'accoster à Rio au petit matin, le dimanche 26 février. Le programme qui les attendait dans l'après-midi était la visite incontournable du Christ-Roi.

Dans ce petit restaurant de fruits de mer à Copacabana, la jeune beauté blonde aux yeux verts a donc fait son entrée. Nous avons fait connaissance, avant que Maria Louisa ne s'évanouisse dans la foule comme tant d'autres personnes rencontrées lors de ce voyage. Le surlendemain, elle a toutefois repris contact avec nous, étant hébergée par hasard dans le même hôtel. Avec fierté, elle annonce, à notre grande surprise, que son arrière-grand-mère maternelle, née au Brésil, était de parents libanais. Quelques semaines plus tard, Maria Louisa s'est rendue au Liban pour découvrir le pays de ses ancêtres : à son retour, elle a présenté sa candidature pour représenter la communauté brésilienne-libanaise à Miss Lebanon Emigrants.

Ce concours de beauté annuel est l'un des points forts du Festival des émigrés de Dhour Choueir (Metn). Il se déroule en collaboration avec l'Union libanaise culturelle mondiale (ULCM) et le ministère du Tourisme. De ce village aux élégantes maisons traditionnelles, situé à 1 200 mètres d'altitude, était parti pour le Brésil au début du siècle dernier l'un des premiers émigrés de la famille Jafet, devenu un personnage de renom à São Paulo. La municipalité lui a consacré une statue et, en vue de perpétuer son souvenir ainsi que celui de tant d'autres qui l'ont suivi, organise chaque année ce festival.

Providence
Le jour J est arrivé, le samedi 12 août. Maria Louisa Alvim Salloum, aux origines portugaises du côté de son père et italo-libanaise du côté de sa mère, débordante de beauté et de joie en habit traditionnel brésilien, a été plébiscitée par le public. Mais le titre lui a échappé, le jury lui attribuant la place de première dauphine.
Sauf que la Providence s'est mise du côté de la Brésilienne. Une semaine plus tard, les organisateurs du concours ont appris que la représentante de la Suède, qui avait gagné le titre, avait effectué, quelque temps auparavant, un voyage avec sa mère en Israël où réside son frère, ce qui est inadmissible aux yeux de la loi libanaise, en raison de l'état de guerre entre les deux pays. Le titre lui a été retiré. Maria Louisa, qui s'était entre-temps fait une renommée à travers la télévision et les réseaux sociaux, a ainsi remporté la couronne tant convoitée de Miss Lebanon Emigrants 2017.

 

 

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