Le sinistre a même menacé les maisons des villages environnants.
Le terrible incendie qui s'est déclaré depuis vendredi dans l'une des forêts les plus denses de la réserve de biosphère de Jabal Moussa, au niveau des villages de Chouan et de Ebreh, continuait hier de faire des ravages, même s'il était « presque sous contrôle », selon des informations de l'Association de protection de Jabal Moussa (APJM).
La Défense civile et de nombreux volontaires s'activent pour limiter au maximum l'expansion du feu, qui se ravive chaque matin après avoir été presque éteint le soir. En cause : les vents forts et la chaleur. D'ailleurs, l'APJM a lancé un appel à volontaires à travers sa page Facebook. L'Unité de gestion des catastrophes de Kesrouan s'implique également dans le combat contre le feu, ainsi que les hélicoptères de l'armée, depuis le week-end.
À l'association, on n'est pas encore très sûr de la superficie ravagée par les flammes, qui pourrait atteindre les 50 000 mètres carrés suivant les premières estimations. Mais on déplore déjà cette catastrophe écologique qui dévaste l'une des forêts les plus denses et les plus riches en végétation de la zone. Dans cet incendie, on a perdu un nombre incalculable de pins et de chênes, mais aussi d'autres arbres et plantes caractéristiques de cette région.
Il est évident que l'inaccessibilité des bois atteints par les flammes ralentit les efforts des pompiers. Les causes d'un tel sinistre dans des zones aussi reculées ne peuvent pas être tout à fait naturelles, selon l'APJM, ce qui ne signifie pas pour autant qu'elles soient l'œuvre de pyromanes. Un accident aurait pu déclencher cette catastrophe et le résultat est tout aussi grave. C'est la première fois qu'un tel sinistre se déclare sur le site.
Jabal Moussa est l'une des trois réserves de biosphère (Unesco) au Liban et parmi les 24 du Moyen-Orient. Elle se caractérise par une biodiversité très riche, puisqu'il y pousse 215 types de plantes et 20 différentes espèces d'arbres dont 11 sont endémiques (propres au Liban). Plus de 16 mammifères différents ont été découverts, y compris l'hyène, le loup, le daman des rochers, etc. Le site a également été désigné « Région importante pour les oiseaux », en raison de tous les volatiles migrateurs qui le survolent en automne et au printemps.
Au Akkar aussi...
Une autre superbe région du Liban, dans les environs du village de Andkit au Akkar a brûlé hier. De grandes superficies de terrains boisés et riches en espèces d'arbres divers sont partis en fumée, malgré l'intervention de la Défense civile, d'un hélicoptère de l'armée et de nombreux volontaires. Les pompiers travaillaient, là aussi, dans des circonstances très difficiles dues aux vents forts et à la sécheresse.
Rappelons que la saison des incendies au Liban s'étend jusqu'en automne, quand les longs mois de sécheresse rendent les terrains boisés plus vulnérables aux moindres flammes et que le feu se propage à une grande vitesse. La moindre maladresse, le moindre mégot, le moindre bout de verre oublié en pleine nature peuvent alors causer la perte de bois entiers.

