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Liban - Société

Au Liban, d’irréductibles paludiers défendent leurs derniers marais

Élias Najjar, 93 ans, redoute la mort de son métier, comme ses collègues, derniers paludiers au Liban. Ibrahim Chalhoub/AFP

Pendant un demi-siècle, Élias Najjar a récolté le sel dans des bassins sur la rive libanaise de la Méditerranée. Mais aujourd'hui, comme ses collègues, cet homme de 93 ans redoute la mort de son métier.
La production traditionnelle de sel le long de la côte, autrefois populaire au Liban, ne survit aujourd'hui que dans une seule localité balnéaire, celle d'Enfé (Liban-Nord), à environ 80 kilomètres au nord de Beyrouth, lit-on dans un reportage de l'AFP signé Ibrahim Chalhoub.
Les marais salants ont souffert de l'exode des paludiers durant la guerre civile et de la suppression des tarifs douaniers pour le sel importé. « Je produisais 300 tonnes dans les années 1950. Aujourd'hui, j'en produis 30, au mieux », dit M. Najjar.
Les gardiens du métier, qui se voient refuser des permis d'entretien de leurs infrastructures, ont peur que le gouvernement ne veuille se débarrasser d'eux pour laisser la place à des projets immobiliers sur le front de mer.
Si les autorités « ne peuvent pas détruire les vasières, elles veulent les rendre inutilisables afin que cela soit plus facile à de gros poissons de les acheter pour y construire des complexes touristiques », affirme Hafez Jreije, un paludier de 67 ans. « Les terrains où se trouvent les bassins vont être cédés à des promoteurs qui veulent ériger des stations balnéaires », assure-t-il.
Mais la porte-parole de la municipalité, Christiane Nicolas, dément toute intention du conseil municipal de détruire le secteur. Le gouvernement « estime que les bassins constituent un empiétement sur la propriété publique », mais « il n'y a pas de preuve que les autorités veuillent céder ces terrains à des promoteurs », dit-elle à l'AFP.

Marais inexploitables
Pendant l'âge d'or de la production traditionnelle de sel au Liban, entre 1955 et 1975, celle-ci s'élevait annuellement à 50 000 tonnes, relève Hafez Jreije. À l'époque, « le pays n'avait pas besoin d'importer du sel et l'État avait imposé une taxe douanière de 200 % » sur le sel importé. Mais avec le début de la guerre civile en 1975, beaucoup de paludiers ont quitté le pays. La production locale de sel a baissé, ne suffisant plus à satisfaire la demande et poussant le gouvernement à supprimer en 1990 cette taxe douanière.
Le secteur étant en chute libre, le gouvernement a par la suite annoncé qu'il considérait beaucoup de vasières comme des constructions illégales installées sur les biens-fonds maritimes. Les autorités ont cessé, en 1994, de collecter l'impôt sur le revenu lié à la production de sel. Et la municipalité d'Enfé a commencé à rejeter les demandes de renouvellement de permis de maintenance des bassins.
Selon les paludiers, ce refus tue graduellement l'industrie, car chaque année un nombre toujours plus grand de marais deviennent inutilisables. M. Jreije affirme que la moitié des bassins d'Enfé sont devenus inexploitables depuis 1994.

Quatre mois par an seulement
La récolte artisanale de sel est un processus long, soumis aux caprices du temps et qui ne peut être pratiquée que quatre mois par an. La première étape consiste à remplir d'eau de mer les vasières d'un mètre de profondeur grâce à des pompes actionnées par de petites éoliennes. L'eau stagne dans ces bassins de 20 mètres carrés durant au moins 20 jours, avant de s'évaporer au soleil et de former un résidu salin. Le contenu est ensuite transféré dans un autre bassin moins profond où il est entreposé pendant 10 jours. Durant cette période, les paludiers s'assurent du séchage jusqu'à ce qu'apparaissent les cristaux de sel étincelants.
M. Jreije raconte avoir eu maille à partir, en 2015 et 2016, avec les autorités locales qui arguaient que l'eau de mer remplissant les bassins était contaminée. « Des études en laboratoire ont prouvé le contraire », explique-t-il. M. Najjar, qui a eu les mêmes problèmes, montre à l'AFP les résultats de ces tests de laboratoire menés au Liban.
Maintenant, les producteurs d'Enfé vendent leur sel à des industriels ou des acheteurs individuels entre deux et quatre dollars le kilogramme, un prix deux fois moins élevé que le sel d'importation. Le pêcheur Daniel Farès, 37 ans, assure être un client régulier de Hafez Jreije, car la production de ce sel est de qualité. Dans cette région, « la mer est propre et nous savons d'où vient le sel. Il ne contient pas d'additifs et c'est ce dont nous avons besoin pour la conservation des sardines », dit-il.
Pour Hafez Jreije, le combat pour préserver les salines s'inscrit dans la bataille plus large pour la protection de la côte libanaise, largement défigurée par les promoteurs et dont les taux de pollution sont supérieurs à la normale pour certaines plages – avec une présence de la bactérie E. coli jusqu'à 400 fois supérieure aux normes fixées par l'OMS.
Les salines « ne produisent pas de déchets, ne ferment pas les routes menant à la mer, ni n'obstruent la vue de la mer contrairement aux complexes balnéaires », assène M. Jreije.

Pendant un demi-siècle, Élias Najjar a récolté le sel dans des bassins sur la rive libanaise de la Méditerranée. Mais aujourd'hui, comme ses collègues, cet homme de 93 ans redoute la mort de son métier.La production traditionnelle de sel le long de la côte, autrefois populaire au Liban, ne survit aujourd'hui que dans une seule localité balnéaire, celle d'Enfé (Liban-Nord), à environ 80 kilomètres au nord de Beyrouth, lit-on dans un reportage de l'AFP signé Ibrahim Chalhoub.Les marais salants ont souffert de l'exode des paludiers durant la guerre civile et de la suppression des tarifs douaniers pour le sel importé. « Je produisais 300 tonnes dans les années 1950. Aujourd'hui, j'en produis 30, au mieux », dit M. Najjar.Les gardiens du métier, qui se voient refuser des permis d'entretien de leurs infrastructures, ont...
commentaires (2)

LES BASSINS CONSTITUENT UN EMPIETEMENT SUR LA PROPRIETE PUBLIQUE ! ON S,ATTAQUE AUX PLUS FAIBLES... ET QUE CONSTITUENT NON SEULEMENT LES EMPIETEMENTS MAIS LES ACCAPAREMENTS DE PRESQUE TOUT LE LITTORAL DU NORD AU SUD DU PAYS PAR LES COMPLEXES BALNEAIRES ERIGES DEPUIS LA GUERRE CIVILE ET JUSQU,AUJOURD,HUI ? IL Y A DES MILLIARDS DE DOLLARS A ENCAISSER PAR L,ETAT ET A FINANCER LA GRILLE DES SALAIRES DES M,ENFOUTISTES ET A REDUIRE LA DETTE DU PAYS !!!!!!!!! POURQUOI PERSONNE NE BOUGE ?

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

09 h 03, le 19 août 2017

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Commentaires (2)

  • LES BASSINS CONSTITUENT UN EMPIETEMENT SUR LA PROPRIETE PUBLIQUE ! ON S,ATTAQUE AUX PLUS FAIBLES... ET QUE CONSTITUENT NON SEULEMENT LES EMPIETEMENTS MAIS LES ACCAPAREMENTS DE PRESQUE TOUT LE LITTORAL DU NORD AU SUD DU PAYS PAR LES COMPLEXES BALNEAIRES ERIGES DEPUIS LA GUERRE CIVILE ET JUSQU,AUJOURD,HUI ? IL Y A DES MILLIARDS DE DOLLARS A ENCAISSER PAR L,ETAT ET A FINANCER LA GRILLE DES SALAIRES DES M,ENFOUTISTES ET A REDUIRE LA DETTE DU PAYS !!!!!!!!! POURQUOI PERSONNE NE BOUGE ?

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 03, le 19 août 2017

  • Come c'est triste de voir ces beaux métiers disparaître!!! I faut absolument mettre en place une structure pour les conserver et les faire respecter!

    Soraya Naufal

    07 h 02, le 19 août 2017

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