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Quand Trump alimente la culture de la haine

Les groupes suprémacistes pullulent et se disent prêts à poursuivre leurs actions.

Manifestation antinazie le 13 août, à Charlottesville, en Virginie, au lendemain des violences qui ont opposé suprémacistes et antiracistes. Chip Somodevilla/Getty Images/AFP

Après les événements de Charlottesville, samedi dernier, beaucoup furent prompts à s'alarmer des violences qui ont fait rage dans cette petite ville de Virginie. Certains n'ont pas hésité à prédire de nouveaux affrontements qui pourraient même, selon les plus pessimistes, conduire à une nouvelle guerre civile américaine. Car, samedi dernier, suprémacistes blancs – protestant contre le retrait d'une statue du général sudiste Robert E. Lee – et contre-manifestants se sont violemment affrontés, laissant toute l'Amérique consternée. Une manifestante antinazie a d'ailleurs trouvé la mort lorsqu'un suprémaciste a foncé sur la foule avec sa voiture.

Cette culture de la haine était inévitable avec l'arrivée de Donald Trump à la présidence. Sa rhétorique volontairement ambiguë lorsqu'il s'agit de critiquer la droite américaine, et des soutiens tels que Steve Bannon, fondateur du site Breitbart News et théoricien politique de l'« alt-right », la droite extrême, ne pouvaient qu'alimenter de telles violences. Certains groupes d'extrême droite viennent même de le remercier de ne pas les avoir attaqués de front. En effet, le président Trump n'a pas hésité à mettre les deux camps qui se sont affrontés samedi dernier dos à dos, sans condamner les groupuscules suprémacistes blancs. Pour cette raison, Paul Krugman, prix Nobel et éditorialiste du New York Times, n'a pas hésité à affirmer que « l'actuel président des États-Unis n'est pas un Américain réel ». Sa prise de position est aussi mal vue dans le monde : selon notamment le Gardian britannique, « c'est un échec moral qui fait honte à l'Amérique ».

 

(Lire aussi : Une nouvelle vague d'extrême droite affleure sous Trump)

 

Futures manifestations
En attendant, les groupuscules suprémacistes pullulent. À Charlottesville, leurs partisans scandaient : « Blood and soil », (le sang et la terre), tirés de l'idéologie nazie. « À présent, clament-ils, nous sommes des milliers, et dans un an, nous serons des dizaines de milliers. » Ils semblent prendre leurs aises avec l'administration Trump, comme le sous-entend Jason Kessler, l'un des leaders des manifestations racistes de Charlottesville : « Qu'importe que le président Trump nous ait dénoncés lundi dernier. Après tout, c'est notre grand frère et nous sommes sa base électorale et populaire. » Le président Trump a d'ailleurs refusé de répondre à la question d'un reporter, qui lui demandait si vraiment les suprémacistes étaient « ses alliés ».

À son tour, le sénateur républicain, Lindsey Graham, a interpellé le président par le biais des médias : « Dites que ce ne sont pas vos amis. » À nouveau, le président n'a pas répondu au sénateur.
Les groupes racistes ne comptent pas s'arrêter là. Ils ont annoncé un plan d'action dans ce sens, et prévoient de manifester dans plusieurs villes et universités, y compris à Charlottesville. Matthiew Heimbach, un leader nationaliste blanc, déclare : « Nous allons être plus actifs que jamais », avant de qualifier les événements du week-end dernier de « victoire absolue ».
Cette droite alternative est devenue si forte que plusieurs universités, dont l'Auburn University de l'Alabama qui a déboursé 30 000 dollars en frais légaux pour se parer contre toute accusation d'infraction à la liberté d'expression, ont décidé de ne pas accueillir de conférence de Richard Spencer, célèbre militant d'extrême droite.

 

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IL CRITIQUE MAIS DONNE DE LA TETE TOUT DEDANS !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

20 h 41, le 17 août 2017

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Commentaires (2)

  • IL CRITIQUE MAIS DONNE DE LA TETE TOUT DEDANS !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    20 h 41, le 17 août 2017

  • Quelle situation vaseuse!!! La 1ere puissance mondiale qui donne des leçons aux autres alors qu'à LEUR tête de trouve un bouffon qui les gouverne. ALORS P'TIT CLOWN TU VAS ATTAQUER LA CORÉE DU NORD OU PAS???????. EN FAIT JE M'ADRESSE PLUS À CEUX QUI MANIPULENT CE BOUFFON. ILS SONT MAL LÀ.

    FRIK-A-FRAK

    16 h 12, le 17 août 2017