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Liban - Infrastructure

Le début des travaux sur le barrage de Bisri est prévu pour octobre

L'ouvrage provoque une vague de contestation depuis des mois, pour des raisons techniques, sociales et environnementales.

La réunion de la sous-commission hier place de l’Étoile. Photo ANI

Le barrage de Bisri (Sud), qui devrait alimenter Beyrouth entre autres, a été au menu des discussions d'une sous-commission relevant de la commission parlementaire des Travaux publics, des Transports et de l'Énergie, réunie hier sous la présidence du député Mohammad Hajjar (bloc du Futur).
À la suite de cette réunion, M. Hajjar a précisé qu'elle s'est déroulée en présence de responsables du ministère de l'Énergie et de l›Eau, du Conseil du développement et de la reconstruction (CDR) et de l'Office des eaux de Beyrouth et du Mont-Liban. « La discussion autour du barrage de Bisri a porté sur quatre points principaux, a-t-il précisé, rappelant que l'appel d'offres a été lancé le 5 juillet dernier. Les offres techniques et administratives sont actuellement sous étude, et un rapport final sera soumis au CDR. Il est prévu que ce rapport soit terminé à la fin de ce mois et que le dossier entier soit transféré à la Banque mondiale, qui finance le projet. Il est prévu également que le lancement des travaux sur la partie en béton du barrage ait lieu vers le début d'octobre prochain. »
Le second point discuté hier portait sur les expropriations. « Quelque 82 % des expropriations du bassin ont déjà été complétées, et 50 % des terrains sur les côtés ont été achevés, a expliqué M. Hajjar. Toutes les contestations présentées, que ce soit pour des raisons liées à l'estimation (des indemnités) ou à l'impact environnemental, seront prises en compte de manière très positive. Une campagne de clarification sera lancée de la part des responsables concernés afin d'expliquer tout ce qui est prévu pour éviter l'impact environnemental. »
Le traitement des eaux usées des villages entourant le barrage – en vue d'empêcher la pollution des eaux du lac artificiel – a été abordé. Selon le député, les dossiers de l'adjudication des études sur les eaux usées ont été complétés. « Il est prévu que huit stations d'épuration des eaux usées soient construites, ainsi que plusieurs kilomètres de réseaux d'égout, a-t-il souligné. Fin 2017, toutes les études concernant les eaux usées des villages seront en principe terminées. »
Enfin, la discussion a porté sur la station de traitement de l'eau devant être exécutée à Wardaniyé. « Cette station sera conçue pour traiter 500 000 mètres cubes, 250 000 dans un premier temps et 250 000 autres par la suite, précise M. Hajjar. L'adjudication est terminée, et le choix est tombé sur une compagnie française. Le dossier a été transféré à la BM. Le lancement des travaux est prévu pour début septembre. »

Opposition continue et réponse du CDR
L'opposition à ce barrage est soutenue depuis de nombreux mois, portée plus particulièrement par le Mouvement écologique libanais (LEM), qui a multiplié dernièrement les rencontres dans les régions concernées afin de mettre en lumière le danger que représente cet ouvrage de grande envergure. Les principales raisons de cette opposition sont la présence d'une faille géologique majeure du pays qui traverse cet endroit, la faille de Roum (responsable, entre autres, du séisme de 1956 encore ancré dans les mémoires), la nature karstique du terrain, perméable et peu propice au stockage de l'eau, la perte de vastes terrains arables, ainsi que des vestiges historiques et archéologiques, le risque de pollution de l'eau stagnante stockée par les égouts...
Au cours de ces réunions, le LEM dit « exposer le dossier scientifique et légal qu'il a préparé et qu'il a présenté à la BM », précisant que l'opposition à ce projet est mue par « son impact sur l'environnement, l'absence de faisabilité économique, son danger sur la sécurité publique (risque de séismes), son irrespect des lois nationales et des conventions internationales, ainsi que le rejet de toute alternative qui aurait pu assurer de l'eau à Beyrouth ».
Le LEM avait lancé, il y a quelque temps, une pétition contre le barrage qui avait récolté 1 500 signatures (voir L'OLJ du 18 juillet). À ce sujet, le CDR a publié une réponse aux points soulevés plus haut et détaillés dans le texte de la pétition. Il y explique « avoir tenu plusieurs réunions publiques avec les habitants depuis 2012 », notant « une attitude positive envers ce projet qui doit alimenter le Grand Beyrouth » et rappelant que « ce projet remonte à l'année 1953 ».
Le CDR estime que les points soulevés par les écologistes ont tous fait l'objet « d'études approfondies effectuées par des spécialistes », qu'ils soient mandatés par le Conseil ou par la BM. Pour ce qui est du risque sismique, le CDR précise « qu'une étude tectonique a été menée afin de déterminer les failles géologiques autour du projet », soulignant que le barrage a été techniquement conçu dans le respect de ces données pour être résistant aux secousses. Pour ce qui est de la perte de terres arables selon les opposants, le CDR cite des chiffres suivant lesquels « ces terrains ne constituent pas plus de 25 % de l'ensemble de cette zone, sachant que les cultures y sont saisonnières, le reste étant formé de terre-pleins vides ».
Répondant à l'argument selon lequel un terrain karstique n'est pas propice à la construction de barrages, le CDR annonce qu'il va employer « des techniques d'étanchéité avancées pour combler les fissures karstiques s'il y en a ». En ce qui concerne le risque de pollution de l'eau stagnante stockée, le Conseil rappelle que « plusieurs projets de traitement des eaux usées seront réalisés dans tous les villages qui entourent le barrage, dans les cazas du Chouf et de Jezzine ». Enfin, il promet « de mettre en application le plan de compensation écologique et le plan de gestion environnementale », ainsi qu'un « plan de recensement et de transposition des vestiges archéologiques, en collaboration avec la Direction générale des antiquités ». Il précise en outre qu'aucune alternative ne peut assurer autant d'eau à la capitale.
Les écologistes ont évidemment réponse à ces arguments, et la polémique ne risque pas de se calmer bientôt, même si les travaux devraient commencer.

Le barrage de Bisri (Sud), qui devrait alimenter Beyrouth entre autres, a été au menu des discussions d'une sous-commission relevant de la commission parlementaire des Travaux publics, des Transports et de l'Énergie, réunie hier sous la présidence du député Mohammad Hajjar (bloc du Futur).À la suite de cette réunion, M. Hajjar a précisé qu'elle s'est déroulée en présence de responsables du ministère de l'Énergie et de l›Eau, du Conseil du développement et de la reconstruction (CDR) et de l'Office des eaux de Beyrouth et du Mont-Liban. « La discussion autour du barrage de Bisri a porté sur quatre points principaux, a-t-il précisé, rappelant que l'appel d'offres a été lancé le 5 juillet dernier. Les offres techniques et administratives sont actuellement sous étude, et un rapport final sera soumis au CDR. Il est...
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