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Nos lecteurs ont la parole - Par Melhem Maroun Karam

Un Liban qu’on perd

La situation au Liban devient, au vu d'un grand nombre de Libanais, insupportable, pour ne pas dire dangereuse. La pollution rend notre atmosphère sale. L'eau qu'on boit est insalubre. Le pain qu'on mange n'est pas sain. Rien ne va plus. Dans notre pays, beau au regard de tous, sauf au regard des Libanais – parce que le Libanais se conforme partout dans le monde aux lois et aux règlements, sauf dans son propre pays –, on n'obtient son droit que par l'extorsion.
L'extirpation devient phénoménale. On arrache les Libanais de leur pays, de leurs coutumes, de leur vie même, dans un pays qui est censé être le leur, pour les éparpiller dans le monde entier, en quête du respect de ces droits humains tant recherchés mais malheureusement aussi banalement perdus.
Ce n'est que très récemment que l'assurance-maladie à l'âge de la retraite, ainsi que tous les coûts hospitaliers qui y sont afférents, a fait l'objet d'une loi pour que ces coûts soient pris en charge en totalité par l'État.
Au Liban, voter une loi n'est pas l'essentiel. Il faut, par conséquent, attendre plusieurs mois ou même plusieurs années pour constater l'applicabilité ou non de cette loi, au plan national.
Parallèlement, l'État Libanais ne fait qu'entasser des subsides et des subventions, d'ici et de là, au titre d'aides, sous prétexte de vouloir les redistribuer aux démunis. Rien de cela. La misère ne fait qu'augmenter.
La sécurité au Liban et l'avènement nouveau de l'État de droit demeurent pour l'instant une prémonition. Pour cela, la préséance de la classe politique doit immédiatement disparaître. Pourquoi, à l'aube du XXIe siècle, nous n'avons toujours pas le courant électrique ? Est-ce pour aggraver encore la pollution qui envahit le pays ? Pourquoi nous n'avons pas de l'eau potable, et pourtant les ressources naturelles en eau ne nous manquent heureusement pas ?
Tout au Liban devient oncogène, comme si nos politiques veulent nous faire mourir. Dans cette ambiance générale, il vaudrait mieux pour eux qu'ils ressentent la honte et l'opprobre, parce qu'à vrai dire, ils nous font éprouver un grand déshonneur public. Au niveau interne, les lois ne sont pas du tout respctées par la population. Au niveau externe, il suffit qu'on soit libanais pour qu'on soit classé terroriste.
Le jour ou vous partirez, messieurs, on apposera, sans regret, sur vos passeports, une oblitération qui, à mon sens, devra être éternelle, pour que jamais vous ne puissiez retourner.
Au final, on ne peut dire que comme Laurence Arné, membre du jury du 39e Festival du film américain de Deauville : « Je crois qu'il faut accepter sa tristesse pour mieux profiter de sa joie. »

Melhem Maroun KARAM
Avocat

La situation au Liban devient, au vu d'un grand nombre de Libanais, insupportable, pour ne pas dire dangereuse. La pollution rend notre atmosphère sale. L'eau qu'on boit est insalubre. Le pain qu'on mange n'est pas sain. Rien ne va plus. Dans notre pays, beau au regard de tous, sauf au regard des Libanais – parce que le Libanais se conforme partout dans le monde aux lois et aux règlements, sauf dans son propre pays –, on n'obtient son droit que par l'extorsion.L'extirpation devient phénoménale. On arrache les Libanais de leur pays, de leurs coutumes, de leur vie même, dans un pays qui est censé être le leur, pour les éparpiller dans le monde entier, en quête du respect de ces droits humains tant recherchés mais malheureusement aussi banalement perdus.Ce n'est que très récemment que l'assurance-maladie à l'âge de la...
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