Dans un communiqué de presse, l'ancien ministre Boutros Harb a fait exploser hier sa colère en s'adressant au chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, critiquant ses récents propos sur la situation à Ersal et ses environs.
« Nous en avons ras le bol. Nous ne devons plus nous taire », a dit M. Harb, expliquant en avoir « marre d'entendre M. Bassil réitérer l'idée que ce qui se passe aujourd'hui à Ersal démontre à quel point il avait raison » et le fait qu'il « n'a cessé de réclamer à l'ancien gouvernement de trancher, alors que ce dernier faisait la sourde oreille », a indiqué le député de Batroun, en reprenant l'argumentation du ministre des Affaires étrangères.
« Ces allégations ne sont autres qu'une déformation des faits dans le seul objectif de faire preuve d'héroïsme illusoire aux dépens des autres, dans un but manifestement politique », a déclaré M. Harb.
Le député a tenu à clarifier les faits en soulignant que durant le mandat du gouvernement précédent, le ministre Bassil « avait réclamé qu'un feu vert soit accordé à l'armée pour l'habiliter à envahir la bourgade de Ersal et à pourchasser les jihadistes ». « Or, poursuit M. Harb, le gouvernement, qui a pris en compte l'avis du commandement de l'armée, n'a pas pris de décision en ce sens afin d'éviter un massacre qui ferait des victimes parmi les habitants de la bourgade qui cohabitaient avec les réfugiés syriens à l'intérieur même du village. »
« L'armée a été chargée à l'époque de mettre sous surveillance les jihadistes et de les poursuivre, ce qui a permis, jusqu'à ce jour, la découverte de plusieurs plans fomentés par les terroristes. »
Sur un ton qui ne manque pas de sarcasme, M. Harb a ajouté que M. Bassil « ne peut par ailleurs ignorer le contexte et les développements sur les plans politique, international et militaire qui ont eu lieu, et qui ont permis aujourd'hui que l'opération contre le front Fateh al-Cham (ex-al-Nosra) dans le jurd de Ersal ait lieu, ce qui n'était pas possible avant lorsque les circonstances étaient différentes ».
Le député a rappelé au passage que le gouvernement actuel n'a donné aucun feu vert à la troupe, « ni pour envahir la bourgade de Ersal ni pour pourchasser les terroristes », précisant que « ce n'est pas l'armée qui n'a pas mené un combat contre les jihadistes dans le jurd, mais plutôt le Hezbollah qui a unilatéralement décidé de s'investir de cette mission sans consulter préalablement le gouvernement (...). Le rôle de l'armée s'est réduit à la protection de Ersal et de ses habitants, et à empêcher les infiltrations », a-t-il ajouté.
M. Harb a conclu en saluant le rôle de l'institution militaire, « le seul partenaire que nous souhaitons pour la protection des frontières et la mise en application de la loi sur l'ensemble du territoire libanais ».
Liban - Polémique
Harb répond à Bassil en l’accusant de jouer au héros
OLJ / le 01 août 2017 à 00h00


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine