X

Liban

« Nous sommes les vrais aounistes »

Démissions au sein du CPL

Neuf membres du CPL à Zghorta ont claqué la porte du parti mercredi dernier.

15/07/2017

Une nouvelle liste de noms a suivi celles des membres radiés du Courant patriotique libre (CPL), dont Ziad Abs, Naïm Aoun, Antoine Nasrallah et Paul Abi Haïdar. Cette nouvelle liste comprend, quant à elle, les noms de membres ayant décidé de leur propre initiative de suspendre leur adhésion au parti.
Cette démission collective du CPL a eu lieu à Zghorta. Ils sont neuf à avoir claqué la porte : Rouba Barghachiyé, Damia Yammine, Antoine Abi Zeid, Joseph Tamer, Tony Tahech, Rim Chidiac, Élias Élias, Sarkis Saysouk et Fadi Gelwan. Chacun de ces membres, qui se disent fidèles aux valeurs et aux principes de base du CPL, avait occupé un poste au sein du régional à un moment donné de son parcours.

L'incohérence et l'inorganisation
« Où sont passées les valeurs du CPL ? » Presque tous les membres démissionnaires se posent la même question. Mme Barghachiyé tient à rappeler que « les membres du régional de Zghorta sont passés par des périodes très difficiles au temps de l'occupation syrienne, dans une région gouvernée par les familles politiques ». « Malgré tout, le régional comptait à l'époque environ 1 600 adhérents et une infinité de sacrifices », ajoute-t-elle avec amertume. Mme Yammine abonde dans le même sens : « C'est avec le cœur lourd que nous présentons notre démission, parce que nous sommes les vrais aounistes. »
Les deux membres pointent du doigt deux failles principales au sein du parti, celle qui touche à sa structure interne et celle qui se rapporte à l'incohérence au niveau de la lignée politique récemment adoptée. « Nous avons perdu le contact entre le directoire et les cadres et les membres du parti, le non-respect de la hiérarchie et la convocation des membres devant l'instance disciplinaire du parti à tort et à travers », explique Mme Barghachiyé. « Le pouvoir d'un parti émane du peuple, des adhérents et des sympathisants. Nous n'accepterons donc pas d'être exclus de la prise de décision, d'autant que nous étions, en tant qu'organe partiel au sein du régional, élus et non pas désignés », poursuit-elle.
En ce qui concerne les positions politiques du CPL, Mmes Yammine et Barghachiyé évoquent « l'inaction du parti vis-à-vis de la lutte contre la corruption, l'atteinte continue à la liberté d'expression, le discours sectaire, pour ne citer que ces quelques critiques ». À titre personnel, M. Abi Zeid affirme, de son côté, avoir présenté sa démission en raison « de la position du CPL quant à la question de l'adoption des taxes supplémentaires, de leur attitude au sein des syndicats et de leur alliance avec toutes les forces politiques sans aucune distinction ».
Alors que la grogne s'élève au sein du parti, que ce soit à Zghorta ou ailleurs, Paul Makari, responsable du département de ce caza du Liban-Nord, s'empresse de démentir les accusations des membres démissionnaires visant son parti, estimant que « l'affaire ne mérite pas tout ce tapage ».

Le CPL « à la croisée des chemins »
« Je n'encourage pas les démissions », assure Naïm Aoun, cadre du CPL opposé à la ligne représentée par le chef de ce parti, Gebran Bassil, en réaction à ce qui s'est produit à Zghorta. Cependant, il insiste sur le fait que « le CPL est en voie de régression, malgré tous les efforts de cristallisation de l'image du parti ». « Cela fait un temps que nous avertissons les concernés et que nous essayons de sensibiliser aux dangers qui menacent le parti », indique-t-il. « Le CPL est à la croisée des chemins », affirme M. Aoun, estimant que l'occasion de sauver le parti n'est pas encore ratée. « Nous comptons sur les bons éléments au sein du CPL », conclut-il.

À la une

Retour à la page "Liban"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Bery tus

Le Hakim est très fort !!

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ET ON EN VERRA DE LA SUITE... OU DES SUITES... LA GROGNE COUVE SOUS LA CENDRE !

George Khoury

eh oui, depuis l'election de michel aoun a la presidence, la base realise que c'etait le plus important et que les promesses faites ce sont averees creuses, juste des slogans pour mobiliser. ce parti est comme tout les autres, juste a servir le patron et sa famille proche. les autres, y'a rien a voir, circulez

Dernières infos

Les signatures du jour

En toute liberté de Fady NOUN

Le mufti et le pape

Décryptage de Scarlett HADDAD

Le gouvernement entre les interférences externes et l’épineux dossier des relations avec la Syrie

Le Journal en PDF

Les articles les plus

Impact Journalism Day 2018
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué