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Liban

Abdel Magid Rafeï, nationaliste et philanthrope, n’est plus

C. A. | OLJ
13/07/2017

Abdel Magid Rafeï, ancien député de Tripoli et ancien secrétaire général du Baas pro-irakien, s'est éteint hier à l'âge de 90 ans. Issu d'un milieu profondément nationaliste, il est initié dès son plus jeune âge à la lutte pour l'indépendance nationale, participant ainsi aux manifestations qui ont précédé l'avènement de l'indépendance en 1943. Après des études scolaires à l'école officielle de Tripoli, il s'envole pour la Suisse où il entreprend des études de médecine et milite dans les amicales d'étudiants arabes. À son retour au Liban en 1952, il exerce sa profession avec beaucoup d'humanité auprès des nécessiteux.
Militant acharné pour les principes auxquels il croit, Abdel Magid Rafeï est emprisonné dans les années soixante pour ses activités politiques, durant le sexennat de l'ancien président Fouad Chéhab.
Entré au Parlement en 1972, après avoir réussi à percer le carcan du féodalisme politique, il se bat pour l'arabité, le nationalisme, l'abolition du confessionnalisme et l'amélioration du système démocratique. Il prône dans ce cadre le droit de vote à 18 ans et encourage la création de partis politiques, au motif que la concurrence électorale doit se fonder sur des idées et des programmes plutôt que sur des individus.
En 1983, lorsque les troupes syriennes prennent le contrôle de Tripoli, après la bataille qui en a sorti Yasser Arafat, et s'emparent aussi du secteur ouest de Beyrouth, où il possède une maison à Ramlet el-Baïda, le parlementaire pro-irakien se rend à Bagdad pour un exil forcé qui se prolongera près de 20 ans. Il restera député jusqu'aux élections législatives de 1992, participant à l'élaboration du document d'entente nationale, à Taëf, en 1989. Il retourne enfin au pays en 2003, après la chute du régime de l'ancien président irakien Saddam Hussein.

Les réactions
Les messages de sympathie ont afflué à l'annonce du décès de l'ancien député de Tripoli, rendant hommage tant à ses qualités de défenseur de la liberté et de la souveraineté dans le cadre du panarabisme, qu'à son altruisme dans l'exercice de sa profession médicale.
Les anciens Premiers ministres, Fouad Siniora et Nagib Mikati, le ministre du Travail Mohammad
Kabbara, le député Samir Jisr, l'ancien ministre Fayçal Karamé, le chef du parti de la Modération civile, Misbah Ahdab, ainsi que le bureau de coordination du courant du Futur-section de Tripoli ont tour à tour, dans différentes déclarations, salué « une figure nationale et arabe au long parcours militant, solidement attachée à ses principes », de même qu'« un médecin débordant d'humanité, qui a eu à cœur de soulager les douleurs et peines des misérables ».
Son camarade de parti, Rafic Abi Younès, contacté par L'Orient-Le Jour, loue pour sa part « les sacrifices et la résistance du disparu face à l'oppression et aux pressions sécuritaires. Avec la force de ses convictions, Abdel Magid Rafeï a affronté de grands défis », affirme-t-il, rappelant dans cet esprit « sa détention suite à sa position hostile au retournement militaire contre le parti Baas, qui avait eu lieu en Syrie, en 1966 ». M. Abi Younès souligne en outre que « son éloignement en 1983 par les forces syriennes n'a rien ôté à sa détermination », précisant qu'il a « rempli ses fonctions dans le commandement de son parti jusqu'au dernier souffle ». « Il y a une semaine encore, il présidait une réunion rassemblant nombre de camarades libanais, irakiens, syriens, yéménites, palestiniens... Tous animés d'un même nationalisme », révèle-t-il, notant que « Abdel Magid Rafeï ne s'est jamais départi du climat populaire et de l'attachement au principe de l'unité arabe qui ont prévalu après la Naqba palestinienne de 1948 ».

C. A.

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gaby sioufi

Ah, comme il a du souffrir depuis les annees 1991.......
Que DIEU ait son ame, mais de la a en faire un nationaliste ?
d'avoir appuyer les palestiniens armes contre le LIBAN?
d'avoir fricoter avec les Irakiens contre les syriens sur le sol LIBANAIS ?
etc....... et j'en passe !
LE PARDON peut tres bien etre accorde , mais la verite DOIT etre dite aussi




Tabet Karim

Bof. Des individus dont on devrait tout oublier.....

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

IL N,ETAIT NI L,UN ET NI L,AUTRE !

Yves Prevost

Comment peut-on être à la fois baassiste et panarabe, d'une part et nationaliste libanais, d'autre part? Mystère!

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