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Économie - Commerce

Au G20, un manège à trois autour de l’acier

« Il paraît que certains envisagent de prendre des mesures contre les importations d’acier (...). Si cela se confirmait, l’Union européenne saurait réagir en conséquence », a menacé jeudi le président de la CE, Jean-Claude Juncker, avant même l’ouverture du G20. Aurore Belot/AFP

Échauffant un peu plus le sommet du G20 à Hambourg, l'acier jette Union européenne (UE), États-Unis et Chine dans une curieuse bataille à trois, illustration des jeux d'alliances complexes autour des enjeux commerciaux.
« Il paraît que certains envisagent de prendre des mesures contre les importations d'acier dans un avenir proche. Si cela se confirmait, l'Union européenne saurait réagir en conséquence », a menacé le président de la Commission européenne (CE), Jean-Claude Juncker, avant même l'ouverture du sommet, hier. Transparente, l'allusion vise l'enquête antidumping déclenchée au printemps par le président américain Donald Trump concernant les importations de tubes d'acier étirés à froid, qui pourrait aboutir dès le 13 juillet à l'annonce de droits de douane compensatoires. Cette procédure porte sur 152,6 millions de dollars d'importations en 2016 et vise en premier lieu l'Allemagne (38,8 millions), puis la Chine (29,4 millions), la Suisse (26,2 millions), l'Inde (25 millions), la Corée du Sud (21,3 millions) et l'Italie (11,9 millions). Or, l'UE a déclenché sa propre offensive contre l'acier chinois : le 9 juin, la CE a pris de nouvelles mesures contre certains des produits sidérurgiques de Pékin, accusés de bénéficier de subventions publiques entravant la libre concurrence.
Les Européens apprécient donc peu de se voir à leur tour menacés par Washington, le commerce étant déjà l'un des sujets les plus épineux du G20, dont le communiqué final restait âprement discuté hier. « L'Europe ne peut en aucun cas être mise sur le même plan que les pratiques de concurrence déloyale auxquelles nous ne nous adonnons pas », explique-t-on du côté de la présidence française.
Comme les États-Unis exportent peu d'acier, les Européens ont confectionné en toute hâte une liste de produits américains susceptibles de sanctions, allant du whisky du Kentucky au jus d'orange et aux produits laitiers, affirmait hier le Financial Times. M. Juncker a refusé de se montrer aussi précis, mais a souligné que Bruxelles, prêt pour la bataille, ne mettrait que « quelques jours » à réagir.
Si la Chine, qui assure à elle seule environ la moitié de la production d'acier de la planète, est restée muette sur ce sujet à Hambourg, elle avait tempêté en juin contre les mesures européennes, estimant que Bruxelles avait mal compris son système de prêts financiers.

Signaux contradictoires
La position finale du G20 sera donc scrutée à la lettre, d'autant que les pourparlers sur l'acier sont indissociables des tractations plus larges autour du commerce, et que les pays les plus puissants du monde avaient décidé de se saisir du problème l'an dernier au sommet de G20 à Hangzhou.
« L'excédent de capacité en acier (...) est un problème mondial qui requiert des réponses collectives », déclaraient les dirigeants en 2016, mettant sur pied un mécanisme de partage d'informations. Or, neuf mois plus tard, « les Chinois n'ont pas vraiment partagé toutes les informations » attendues, relevait récemment une source proche des négociations. Désormais, « nous sommes absolument prêts à travailler avec les États-Unis » pour cibler ensemble l'acier chinois, confiait au Financial Times un « haut responsable européen ». Mais, si cette manœuvre devait échouer, « cela soulèverait de sérieuses questions sur la possibilité de coopérer avec les États-Unis sur le commerce ».
Côté français, on souligne que le débat d'ensemble porte sur le « danger protectionniste » et la « recherche d'une concurrence loyale et d'une réciprocité dans les avantages ». Or, Washington a envoyé sur ce sujet des signaux contradictoires : si les États-Unis ont fini par accepter une formule sur l'attachement au libre-échange au G7 en mai dernier, Donald Trump a réaffirmé depuis la ligne protectionniste martelée pendant sa campagne.
À mi-chemin du sommet, hier soir, la chancelière allemande Angela Merkel a appelé à une solution « multilatérale » aux surcapacités de l'acier. « Sinon, la probabilité de mesures bilatérales sera tout simplement plus grande », a-t-elle dit.
Coralie FEBVRE/AFP

Échauffant un peu plus le sommet du G20 à Hambourg, l'acier jette Union européenne (UE), États-Unis et Chine dans une curieuse bataille à trois, illustration des jeux d'alliances complexes autour des enjeux commerciaux.« Il paraît que certains envisagent de prendre des mesures contre les importations d'acier dans un avenir proche. Si cela se confirmait, l'Union européenne saurait réagir en conséquence », a menacé le président de la Commission européenne (CE), Jean-Claude Juncker, avant même l'ouverture du sommet, hier. Transparente, l'allusion vise l'enquête antidumping déclenchée au printemps par le président américain Donald Trump concernant les importations de tubes d'acier étirés à froid, qui pourrait aboutir dès le 13 juillet à l'annonce de droits de douane compensatoires. Cette procédure porte sur 152,6...
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