X

Liban

Un livre et des expositions pour ne pas oublier les disparus de la guerre du Liban

Société

L'ONG Act for the Disappeared publie aujourd'hui un livret qui retrace l'histoire de personnes ayant disparu pendant la guerre de 1975.

07/07/2017

Kariman n'avait que 30 ans lorsqu'elle a été enlevée, un jour de 1986, entre Beyrouth et Saïda. L'infirmière, qui consacrait ses journées aux victimes de la guerre, venait de rendre visite à ses parents et rentrait chez elle retrouver ses deux enfants. Mais depuis ce jour, Racha et Ziad n'ont plus jamais eu de nouvelles de leur mère.

Kariman est l'une des dizaines de milliers de Libanais ayant disparu pendant la guerre de 1975. L'ONG Act for the Disappeared (Agir pour les personnes disparues) rapporte l'histoire de trente d'entre eux dans un livret intitulé Ne laissez pas mon histoire s'interrompre ici, qu'elle publie aujourd'hui. « Nous avons choisi les personnes sur lesquelles nous avions le plus d'informations concernant les conditions de leur disparition », explique la directrice de l'ONG, Justine Di Mayo, jointe par L'Orient-Le Jour. L'organisation s'est servie pour ce faire de sa plate-forme numérique « Fus'hat Amal », qui regroupe depuis 2015 des biographies, des photos et des informations sur les disparus libanais.

 

« Faire la lumière sur ces histoires cachées »
Chacun des récits (qui sont reproduits chaque semaine dans nos colonnes) est écrit à la première personne pour laisser « les disparus » narrer leur histoire dans un témoignage fictif. « Nous avons tenté d'aborder les choses de manière originale et touchante, souligne Justine Di Mayo. Les disparitions pendant la guerre civile représentent un vieux dossier. Il est toujours difficile de sensibiliser les gens à ce genre de cause. »

L'ONG publie ce livret aujourd'hui à l'occasion de son exposition Jusqu'à ce que nous connaissions leur sort, organisée à Hamra (voir par ailleurs). Une dizaine de lampes, entourées de papiers sur lesquels ont été écrites les histoires des disparus, seront présentées au public pour « faire la lumière sur ces histoires cachées ». L'événement se tiendra ensuite sur la place Sassine à Achrafieh, samedi, avant de rallier le stade municipal de Tarik Jdidé, dimanche. Act for the Disappeared a choisi ces trois places publiques – situées dans trois quartiers distincts de Beyrouth – pour sensibiliser le plus grand nombre de visiteurs. « Ces expositions permettent de placer le problème au cœur de l'espace public », argue la directrice de l'ONG. 400 exemplaires du livret devraient être distribués gratuitement pendant le week-end.

 

« Si l'État ne fait rien, c'est à nous d'agir »
Plus de 25 ans après la fin de la guerre, la plupart des familles de disparus n'ont toujours pas retrouvé la trace de leurs proches. « Au Liban, nous sommes confrontés à un blocage politique, regrette Justine Di Mayo. Les hommes politiques ont fait de nombreuses déclarations d'intention, mais nous n'avons jamais rien vu arriver. Si l'État ne fait rien, c'est à nous d'agir. » Agir, dans l'espoir de pouvoir un jour écrire la dernière page de l'histoire des disparus.

 

Voir notre dossier
Disparus de la guerre civile : S'ils pouvaient témoigner...

 

À la une

Retour à la page "Liban"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les signatures du jour

L’édito de Ziyad MAKHOUL

Macron, champion (du monde)

Commentaire de Anthony SAMRANI

Macron vs Macron

Le Journal en PDF

Les articles les plus

Impact Journalism Day 2018
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué