La commission parlementaire des Finances réunie hier sous la présidence du député Ibrahim Kanaan. Photo ANI
La commission des Finances et du Budget, présidée par le député Ibrahim Kanaan, a approuvé hier le budget du ministère de l'Intérieur, gardant toutefois en suspens les points ayant trait aux équipements militaires du ministère ainsi que ceux relatifs aux allocations médicales et scolaires des fonctionnaires travaillant en son sein.
Contacté par L'Orient-Le Jour, M. Kanaan a affirmé que ces questions « devraient être exclues de la réduction de 20 % des budgets de tous les ministères qu'a décrétée le ministre des Finances », déplorant « le manque de moyens dont pâtit le ministère de l'Intérieur, alors qu'il est chargé de la sécurité, priorité nationale ».
La commission a tenu sa réunion en présence du ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, avec la participation des députés Nabil de Freige, Henri Hélou, Atef Majdalani, Antoine Zahra, Ahmad Fatfat, Edgar Maalouf, Serge TerSarkissian, Alain Aoun, Hassan Fadlallah. Décision a été prise de créer une sous-commission qui sera présidée par M. Kanaan et qui prendra des représentants de tous les blocs parlementaires, et ce en vue d'œuvrer à exclure les ministères de l'Intérieur et de la Défense de la baisse du budget, ces deux ministères « illustrant la priorité que représente la lutte contre le terrorisme », selon les termes de M. Kanaan.
Ce dernier a par ailleurs affirmé que la question de la prolifération des armes a été évoquée lors de la réunion, soulignant que M. Machnouk a informé les députés présents que 80 individus ont été récemment arrêtés, mais que 64 d'entre eux ont aussitôt été relâchés. « Une telle situation est inadmissible », a tonné M. Kanaan, dénonçant « les interventions politiques qui favorisent ces remises en liberté ». Il a appelé dans ce cadre la justice à faire preuve d'intransigeance, invitant à « signaler tout homme politique qui interfère pour libérer des individus impliqués dans l'utilisation anarchique des armes ».
Les participants à la réunion se sont également penchés sur la loi portant sur l'édification de trois prisons, votée par le Parlement dans le cadre de la réforme des prisons. « Nous avons demandé au ministère des Finances de nous faire savoir au cours de la prochaine séance parlementaire où en est cette loi et quelles sont les causes qui empêchent son application », a affirmé M. Kanaan, indiquant que le coût de construction des établissements pénitenciers « s'élève à 160 millions de dollars », avant de relever que « nous faisons face à une surpopulation carcérale que grossissent 2 000 ressortissants syriens ».


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