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Liban - Internet

Un rapport de March pointe la censure du doigt

« Nous censurons pour te protéger, mon fils », « Menteurs », peut-on lire dans cette caricature. Photo tirée de marchlebanon.org

Un rapport publié par l'association March, qui milite pour la démocratie et la liberté d'expression, dresse un état des lieux de la censure des contenus publiés sur internet au Liban. Le rapport critique les arrestations, ces dernières années, d'activistes pour des propos publiés en ligne ainsi que la censure de plusieurs sites internet.
Dans son rapport, March effectue un recensement des principales arrestations ayant eu lieu entre 2010 et 2016. Il en ressort que les mêmes noms reviennent souvent, montrant que certains activistes sont la ligne de mire des services de sécurité. Parmi les personnes arrêtées, certaines sont uniquement interrogées, alors que d'autres sont détenues pour quelques jours avant d'être relâchées, la plupart du temps pour avoir critiqué telle ou telle personnalité, notamment le président de la République ou les services de sécurité.
« La liberté d'expression est consacrée dans la Constitution par les articles 8 et 13, mais elle est par ailleurs limitée par les articles 384 et 317 du code pénal. Selon le code pénal libanais, une plainte doit être déposée pour que les poursuites aient lieu. Sauf que toute atteinte à la personne du président de la République est considérée comme une affaire d'intérêt public, et les poursuites peuvent être engagées sans qu'une plainte soit déposée », indique le rapport de March. Il ajoute que la sentence dans ce genre d'affaire peut aller jusqu'à trois ans de prison.
March donne dans ce cadre l'exemple de l'étudiant Bassel el-Amine arrêté le 6 décembre 2016 pour avoir insulté le président et l'emblème national du cèdre. L'association, qui rapporte que le jeune homme a été interrogé sans son avocat et relâché quelques jours plus tard sous caution, rappelle par ailleurs qu'elle dispose d'une ligne verte pour permettre aux internautes de dénoncer la censure sur internet.
March critique en outre la recrudescence de la censure de plusieurs sites web au Liban. « Le processus est assez opaque et implique une plainte déposée auprès des tribunaux libanais, qui, à leur tour, envoient un ordre aux pourvoyeurs d'internet (ISP) de bloquer l'accès aux sites en question », explique le rapport. « Cette pratique porte atteinte au principe de neutralité et donne un pouvoir illimité au judiciaire qui peut décider quels sites seront bloqués suite à une plainte déposée par un individu ou un groupe qui pourrait avoir des intérêts personnels », poursuit l'ONG.


Un rapport publié par l'association March, qui milite pour la démocratie et la liberté d'expression, dresse un état des lieux de la censure des contenus publiés sur internet au Liban. Le rapport critique les arrestations, ces dernières années, d'activistes pour des propos publiés en ligne ainsi que la censure de plusieurs sites internet.Dans son rapport, March effectue un recensement des...

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