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Élégante Marjorie Merriweather Post, digne d’une tête couronnée

This is America

Les gemmes extraordinaires, habituellement destinées à embellir les royautés, l'aristocratie, la très « haute » bourgeoisie et les stars hollywoodiennes faisaient partie du quotidien de Marjorie Merriweather Post, au siècle dernier.

23/06/2017

Depuis le début du mois de juin, une exposition intitulée Spectacular Gems and Jewelry présente 50 magnifiques bijoux ayant appartenu à Marjorie Merriweather Post, qui a baigné toute sa vie (1887-1973) dans l'art. Riche héritière d'une importante compagnie de céréales, cette femme, d'une rare élégance, a amassé la plus grande collection d'art impérial russe existant hors de Russie, de même qu'une importante collection d'art décoratif français du XVIIIe siècle. Également intéressée par la joaillerie, elle avait acquis des pierres précieuses avec un prestigieux passé historique et avait participé, avec les grands noms de ce domaine (Cartier, Van Cliff & Arpel, Harry Winston et Verdura) à créer et à acheter de magnifiques bijoux, qui sont exposés actuellement au musée Hillwood. Sa propre résidence, conservée telle qu'elle, où elle évoluait au quotidien dans un environnement presque irréel, digne d'une tête couronnée.

Plus qu'impressionnant, son « coffret à bijoux », dévoilé dans le cadre de l'exposition. À commencer par l'énorme émeraude montée en bague et qui avait appartenu à l'empereur Ferdinand Maximilien Joseph, la rivière en diamant, cadeau de Napoléon à sa seconde épouse, Marie-Louise, et les impressionnants diamants taillés en poire gracieusement suspendus aux oreilles de la reine Marie-Antoinette. Autre pièce unique, une broche- cascade en émeraudes et diamants, réalisée par la branche londonienne de la Maison Cartier. Ce bijou iconique est emblématique du mariage de gemmes historiques et de design innovant : plus de 250 carats d'émeraudes taillées, de la période moghol (XVIIe), dont une grosse émeraude en forme de fleur et ornée d'inscription perse, ont donné lieu à une broche que Mme Merriweather Post accrochait à son épaule, mettant en valeur sa beauté. Elle avait également acquis une parure en diamants qui avait appartenu, au XIXe siècle, à la duchesse d'Oldenbourg, petite fille du tsar Nicolas I.

 

Des bijoux messages
Son sens esthétique l'avait aussi porté vers des créations plus modernes. Ainsi, son choix s'était notamment porté, en 1969, sur une broche en forme de fleur en rubis rouge foncé, signée Van Cleef & Arpel ; une broche datant de 1943, représentant une célèbre ballerine, Marie Camargo, telle que peinte par le Français Nicolas Lancret ; une paire de boucles d'oreilles en améthyste taillées en poire par Verdura. De forme audacieuse et de couleur forte, ils sont une parfaite illustration de la créativité à la base d'un nouveau style, la bijouterie-boutique décontractée, que cette grande dame de l'élégance n'avait pas hésité à promouvoir, en même temps que la haute joaillerie.

« Parallèlement à l'opulence des bijoux de Mme Post, sa collection transmet un message qui va au-delà du faste, explique l'une des responsables du musée. Car en plus d'être spectaculaire, elle est unique en son genre. La vision de cette célèbre experte était inédite. Elle percevait les bijoux non seulement comme des ornements, mais comme des objets d'art, dignes d'être découverts par les esthètes. Elle valorisait leur place dans le monde du design et avait sciemment choisi quelques pièces précises pour qu'à l'avenir, le grand public puisse découvrir et apprécier leur beauté. » Aujourd'hui, cette exposition permet de mieux connaître l'esthétique des pierres précieuses, leur signification historique et l'évolution du style des bijoux de 1900 à 1960. Enfin, pour l'histoire, on raconte que, conviée au couronnement de la reine Elizabeth II d'Angleterre, Marjorie Merriweather Post avait porté quelques-uns de ses fabuleux accessoires. Lors de la soirée qui a précédé le sacre, elle s'était parée d'émeraudes, dont la fameuse bague Maximilien. Après avoir quitté Buckingham Palace, elle réalise qu'elle ne l'avait plus au doigt. Et bien sûr, le palais de Sa Gracieuse Majesté, alerté, s'est avéré le lieu idéal pour retrouver ce que l'on y perd !

 

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