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Culture

Le sexe, c’est aussi de l’art

Exposition

Les positions de cette gymnastique grivoise vieille comme le monde sont reprises par Mohammad Abdallah* à l'encre de Chine.

23/06/2017

« Le sexe est un art, alors pourquoi le dissimuler ? » se demande Mohammad Abdallah avant de passer à l'acte et de croquer... plus d'une trentaine de miniatures contemporaines, brossant au crayon encre la très intime intimité. Kama (badna) sutra joue sur les mots comme l'artiste joue sur la dérision. On retrouve dans le titre de l'exposition le mot sutra qui fait allusion à la sitra en arabe, ce qui signifie se cacher, ne pas paraître. « Pourquoi faire l'autruche et se dissimuler derrière son ombre alors que les miniatures persanes, indiennes ou arabes reproduisaient ces scènes intimes sans aucune fausse honte ? » s'interroge encore l'artiste. Et pourquoi cacher des gestes qui sont beaux et qui font partie de notre essence ?

 

La gymnastique la plus vieille au monde
« L'acte sexuel est un geste aussi vital que manger, boire ou dormir », renchérit l'artiste. Il y a plus de 700 ans, cette gymnastique amoureuse représentée artistiquement témoignait de mœurs plus libres et d'un esprit plus ouvert. Le kama sutra, qui signifie les aphorismes du désir, est en effet un recueil hindou traitant des diverses activités de ce que recouvre l'expression « vie privée » aujourd'hui, écrit entre les VIe et VIIe siècles, attribué à Vatsyayana. Ce recueil destiné aux classes aisées ne contient des illustrations qu'à partir d'éditions du XVe siècle.

« Pourquoi sommes-nous en train de reculer par rapport aux autres siècles ? » reprend encore Mohammad Abdallah. C'est pour dénoncer ces tabous qui ankylosent la société et pour provoquer un certain éveil que l'artiste s'est mis à l'œuvre il y a un an et demi. Après des recherches approfondies dans les manuscrits d'art, les livres, mais aussi des questionnements concernant ce thème, l'artiste, par de simples traits qui traversent la page blanche, aboutit à ce travail tout en épure. Les couleurs fortes et les teintes très modernes de ses précédentes œuvres sont abandonnées pour l'encre et le blanc. Comme le yin et le yang.
En effectuant ce réquisitoire par le moyen de l'art, Mohammad Abdallah appelle à plus d'amour et moins de violence, à plus de liberté et moins de tensions. John Lennon et Yoko Ono avaient lancé le fameux « Make Love not War » (Faites l'amour pas la guerre). Mohammad Abdallah appelle, lui, les peuples à « faire le sexe et pas la guerre. Cela fera certainement plus de bien à l'humanité entière », conclut-il.
Tout un art... de vivre, alors ?

* ArtLab
Rue Gemmayzé, jusqu'au 30 juin.

 

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